A nouveau dans le vert, Boeing doit désormais confirmer
A nouveau dans le vert, Boeing doit désormais confirmer

publié le 27 janvier 2026 à 19:18

812 mots

A nouveau dans le vert, Boeing doit désormais confirmer

Le groupe américain est enfin redevenu bénéficiaire, mais il le doit en grande partie à la cession d’une partie de ses activités de services numériques. De nouvelles bases assainies ont néanmoins été posées et demandent maintenant à être renforcées.


Ce n’était plus arrivé depuis sept ans. Pour la première fois depuis 2018, Boeing a publié des résultats dans le vert. Il suffit de regarder un an en arrière pour voir le chemin parcouru par le groupe américain, dirigé par Kelly Ortberg. Pourtant, ce dernier sait bien qu’il ne s’agit que d’une première étape sur le chemin du redressement. Il est désormais pleinement tourné vers 2026 et au-delà.

« Au moment où débute cette année, nous avons posé les bases de notre redressement avec des performances renforcées et un carnet de commandes record à travers nos différents secteurs d'activité. Nous n'avons pas encore totalement surmonté les difficultés, mais nous progressons réellement et nous nous rapprochons du Boeing que chacun attend de nous », a déclaré Kelly Ortberg pour entamer sa présentation des résultats.

Boeing a affiché un résultat opérationnel positif de 4,3 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros), là où il perdait plus d’une dizaine de milliards de dollars en 2024. Une performance qui tient notamment à un dernier trimestre réussi, qui a permis au groupe de basculer dans le vert. La dynamique est similaire pour le résultat net, avec plus de 2,2 milliards de dollars de bénéfices en 2025, contre une douzaine de milliards de dollars de pertes un an auparavant. Surtout, Boeing a réussi à dégager à nouveau du cash, avec un flux de trésorerie libre de 1 milliard de dollars là où il cramait 12 milliards l’année d’avant.

L'effet d'aubaine Jepessen

Derrière cette belle façade, Kelly Ortberg sait très bien que la réalité est plus contrastée et qu’il doit cette performance en grande partie à la vente d’une partie du portefeuille de sociétés regroupées dans son activité Digital Aviation Solutions. Cette opération, qui comprend notamment la vente de Jepessen, a pesé positivement sur ses comptes à hauteur de 9,6 milliards de dollars. Sans cela, la donne aurait été sensiblement différente. A l’inverse, l’acquisition de Spirit AeroSystems a pesé négativement sur le résultat.

Parmi les points positifs, force est de reconnaître que Boeing a redressé la barre en termes de production d’avions commerciaux, avec 600 avions livrés l’an dernier contre 348 il y a deux ans. Le mouvement s’est aussi fait sentir du côté des avions militaires. Cela a permis une progression significative du chiffre d’affaires, à 89 milliards de dollars. C’est un tiers de plus qu’en 2024. Et la progression est encore plus significative sur la fin de l’année (il faut dire que l’automne 2024 avait été marqué par l’une des plus importantes grèves de l’histoire du groupe). C’est naturellement la division Boeing Commercial Airplanes (BCA) qui est le principal moteur de cette croissance, avec des revenus qui ne doublent pas, mais presque à 41 milliards de dollars. La progression est plus modeste pour Boeing Defense, Space & Security (BDS), à 27 milliards de dollars (+14 %). A côté, Boeing Global Services (BGS) semble presque stagner avec 5 % de croissance, pour arriver à 20 milliards de dollars.

Produire plus ne suffit pas à être rentable pour autant. Surtout qu’une montée en cadence mobilise nécessairement d’importants investissements. Ainsi, BCA affiche toujours une perte opérationnelle de 7 milliards de dollars (dont une partie est due à l’acquisition de Spirit AeroSystems), légèrement réduite par rapport à 2024. Certes, sa marge opérationnelle s’améliore grâce à la hausse de la production, mais elle reste malgré tout largement négative. Pour sa part, BDS revient quasiment à l’équilibre à une centaine de millions de dollars près, là où la division perdait plus de cinq milliards de dollars l’an dernier.

La distorsion due à la vente des activités liées à Digital Aviation Solutions se retrouve, elle, dans les résultats de BGS. La division de services du groupe était déjà la seule rentable en 2024, mais l’opération lui a permis de quasiment quadrupler son résultat opérationnel, à plus de 13 milliards de dollars. Ce qui ne sera plus le cas l’an prochain.

Confirmer le regain de forme

Le directeur général rappelle ainsi qu’il n’est ainsi « qu'aux prémices de (son) plan en quatre points visant à stabiliser l’activité, à mettre en œuvre les programmes de développement, à transformer la culture d'entreprise et à bâtir un nouvel avenir pour Boeing ». Il entend donc poursuivre ses efforts en 2026.

La hausse de la production sera à nouveau l’élément central. Jay Malave, directeur financier, a ainsi annoncé que Boeing viser la livraison de 500 exemplaires de son 737 MAX, contre 447 l’an dernier (précisant qu’une cinquantaine d’entre eux étaient des appareils déjà produits et stockés en attente de livraison). Le 787 devrait aussi poursuivre sa progression avec 90 à 100 exemplaires cette année, contre 88 l’an dernier.

Cela doit se traduire par une génération de cash de 1 à 3 milliards de dollars en 2026, selon le directeur financier, avec l’objectif de grimper jusqu’à 10 milliards de dollars dans les prochaines années. C’est-à-dire le niveau qu’atteignait régulièrement, voire dépassait le groupe jusqu’en 2018. 

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27/01/2026 19:18
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A nouveau dans le vert, Boeing doit désormais confirmer

Le groupe américain est enfin redevenu bénéficiaire, mais il le doit en grande partie à la cession d’une partie de ses activités de services numériques. De nouvelles bases assainies ont néanmoins été posées et demandent maintenant à être renforcées.

A nouveau dans le vert, Boeing doit désormais confirmer
A nouveau dans le vert, Boeing doit désormais confirmer

Ce n’était plus arrivé depuis sept ans. Pour la première fois depuis 2018, Boeing a publié des résultats dans le vert. Il suffit de regarder un an en arrière pour voir le chemin parcouru par le groupe américain, dirigé par Kelly Ortberg. Pourtant, ce dernier sait bien qu’il ne s’agit que d’une première étape sur le chemin du redressement. Il est désormais pleinement tourné vers 2026 et au-delà.

« Au moment où débute cette année, nous avons posé les bases de notre redressement avec des performances renforcées et un carnet de commandes record à travers nos différents secteurs d'activité. Nous n'avons pas encore totalement surmonté les difficultés, mais nous progressons réellement et nous nous rapprochons du Boeing que chacun attend de nous », a déclaré Kelly Ortberg pour entamer sa présentation des résultats.

Boeing a affiché un résultat opérationnel positif de 4,3 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros), là où il perdait plus d’une dizaine de milliards de dollars en 2024. Une performance qui tient notamment à un dernier trimestre réussi, qui a permis au groupe de basculer dans le vert. La dynamique est similaire pour le résultat net, avec plus de 2,2 milliards de dollars de bénéfices en 2025, contre une douzaine de milliards de dollars de pertes un an auparavant. Surtout, Boeing a réussi à dégager à nouveau du cash, avec un flux de trésorerie libre de 1 milliard de dollars là où il cramait 12 milliards l’année d’avant.

L'effet d'aubaine Jepessen

Derrière cette belle façade, Kelly Ortberg sait très bien que la réalité est plus contrastée et qu’il doit cette performance en grande partie à la vente d’une partie du portefeuille de sociétés regroupées dans son activité Digital Aviation Solutions. Cette opération, qui comprend notamment la vente de Jepessen, a pesé positivement sur ses comptes à hauteur de 9,6 milliards de dollars. Sans cela, la donne aurait été sensiblement différente. A l’inverse, l’acquisition de Spirit AeroSystems a pesé négativement sur le résultat.

Parmi les points positifs, force est de reconnaître que Boeing a redressé la barre en termes de production d’avions commerciaux, avec 600 avions livrés l’an dernier contre 348 il y a deux ans. Le mouvement s’est aussi fait sentir du côté des avions militaires. Cela a permis une progression significative du chiffre d’affaires, à 89 milliards de dollars. C’est un tiers de plus qu’en 2024. Et la progression est encore plus significative sur la fin de l’année (il faut dire que l’automne 2024 avait été marqué par l’une des plus importantes grèves de l’histoire du groupe). C’est naturellement la division Boeing Commercial Airplanes (BCA) qui est le principal moteur de cette croissance, avec des revenus qui ne doublent pas, mais presque à 41 milliards de dollars. La progression est plus modeste pour Boeing Defense, Space & Security (BDS), à 27 milliards de dollars (+14 %). A côté, Boeing Global Services (BGS) semble presque stagner avec 5 % de croissance, pour arriver à 20 milliards de dollars.

Produire plus ne suffit pas à être rentable pour autant. Surtout qu’une montée en cadence mobilise nécessairement d’importants investissements. Ainsi, BCA affiche toujours une perte opérationnelle de 7 milliards de dollars (dont une partie est due à l’acquisition de Spirit AeroSystems), légèrement réduite par rapport à 2024. Certes, sa marge opérationnelle s’améliore grâce à la hausse de la production, mais elle reste malgré tout largement négative. Pour sa part, BDS revient quasiment à l’équilibre à une centaine de millions de dollars près, là où la division perdait plus de cinq milliards de dollars l’an dernier.

La distorsion due à la vente des activités liées à Digital Aviation Solutions se retrouve, elle, dans les résultats de BGS. La division de services du groupe était déjà la seule rentable en 2024, mais l’opération lui a permis de quasiment quadrupler son résultat opérationnel, à plus de 13 milliards de dollars. Ce qui ne sera plus le cas l’an prochain.

Confirmer le regain de forme

Le directeur général rappelle ainsi qu’il n’est ainsi « qu'aux prémices de (son) plan en quatre points visant à stabiliser l’activité, à mettre en œuvre les programmes de développement, à transformer la culture d'entreprise et à bâtir un nouvel avenir pour Boeing ». Il entend donc poursuivre ses efforts en 2026.

La hausse de la production sera à nouveau l’élément central. Jay Malave, directeur financier, a ainsi annoncé que Boeing viser la livraison de 500 exemplaires de son 737 MAX, contre 447 l’an dernier (précisant qu’une cinquantaine d’entre eux étaient des appareils déjà produits et stockés en attente de livraison). Le 787 devrait aussi poursuivre sa progression avec 90 à 100 exemplaires cette année, contre 88 l’an dernier.

Cela doit se traduire par une génération de cash de 1 à 3 milliards de dollars en 2026, selon le directeur financier, avec l’objectif de grimper jusqu’à 10 milliards de dollars dans les prochaines années. C’est-à-dire le niveau qu’atteignait régulièrement, voire dépassait le groupe jusqu’en 2018. 


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boeing résultats 2025


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