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Aviation Civile
Tribune : "Attraper la COVID en avion: le grand écart entre la réalité scientifique et la couverture médatique"
Tribune : "Attraper la COVID en avion: le grand écart entre la réalité scientifique et la couverture médatique"
© Xavier Tytelman

| Collectif "Avion en l'air" 479 mots

Tribune : "Attraper la COVID en avion: le grand écart entre la réalité scientifique et la couverture médatique"

Une étude publiée par l'Institut Pasteur et mal interprétée à conduit les médias à relayer une informations partielle et présentant l'avion comme étant l'environnement le plus dangereux sur le plan sanitaire. Une idée très opposée aux études dédiées aux contamination dans ce moyen de transport.

"Il y une dizaine de jours, le très réputé Institut Pasteur a dévoilé une étude faisant mention des risques de contamination pour chaque lieu de vie professionnel ou privé : le train, le métro, les restaurants, les bars, l’avion. Certains observateurs sont allés un peu vite en pointant un chiffre présent dans l’étude de +70% de risque de contamination en avion. Mais il convient de rétablir autour de cette étude quelques vérités afin que celle-ci ne fasse pas l’objet d’une lecture biaisée par des acteurs, voir détracteurs, qui seraient tentés de pointer du doigt l’aéronautique à des fins idéologiques, encore une fois. Oui, l’avion reste l’un des moyens de transports des plus sûrs, y compris d’un point de vue sanitaire.

Tout d’abord, il faut remettre en lumière une nuance écrite noir sur blanc au sein du rapport. L’Institut Pasteur précise dans son analyse que, s’agissant de l’avion, le résultat doit être interprété avec prudence, car « il est possible que les personnes positives aient en réalité été contaminées à l’étranger lors d’un voyage ». En bref, l’étude fut établie sur la positivité des personnes qui voyagent et non sur les contaminations DURANT LE VOL, dans l’avion. Une tendance qui est confirmée par un second chiffre important : 33,9% des cas qui ont déclaré avoir voyagé à l'étranger et qui ont pris l’avion étaient allés en Espagne, où le variant Delta circulait activement pendant la période d'étude, ce qui laisse déjà songeur sur le chiffre de 70% présenté par le rapport. La curiosité pourrait nous pousser à nous demander si l’essentiel des personnes contaminées ne l’étaient pas avant même de monter à bord…

D’autre part, des études exclusivement dédiées à la sécurité sanitaire à bord des avions sont formelles : grâce au système de filtrage à particule en cabine, identiques à celui des blocs opératoires, l’air est capté à l'extérieur de l'avion et renouvelé toutes les deux à trois minutes et 99,9% des particules sont absorbées par le système. Par ailleurs, les flux d'air qui circulent du haut vers le bas évitent les mélanges d'air entre les rangées de sièges. Enfin, car il faut la mentionner, une étude menée par Airbus, Boeing, Embraer et l'association du transport aérien (IATA) fin 2020 fait montre d’un chiffre implacable : sur 1,2 milliard de passagers, seulement 44 cas répertoriés sont susceptibles d’avoir été contractés en vol. Pour relativiser : c’est un 1 cas pour 27,3 millions de personnes.

L’objectif de ces quelques lignes n’est en aucun cas de décrédibiliser le sérieux d’une institution historique qu’est l’Institut Pasteur. Je sais le plein engagement de ses chercheurs pour lutter contre l’épidémie et les avancées conséquentes que leurs travaux représentent. Néanmoins, une leçon est à tirer de cet épisode : il est toujours bon de s’en tenir aux chiffres et aux faits scientifiques plutôt qu'aux couvertures des médias."

Tribune rédigée par le collectif "Avion en l'air"

Répondre à () :

Petrau | 15/12/2021 18:36

Si je peux me permettre cette remarque d'un goût discutable : quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage.

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