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Nemesis 22 : Les parachutistes belges et français s'entrainent en Belgique
Nemesis 22 : Les parachutistes belges et français s'entrainent en Belgique
© La Défense

| Gaétan Powis 780 mots

Nemesis 22 : Les parachutistes belges et français s'entrainent en Belgique

La semaine dernière, l'Armée belge s'est entrainée au déploiement de sa capacité aéroportée en milieu urbain. L'exercice, baptisé Nemesis, comportait plusieurs opérations, en ce compris, des opérations de parachutage, d'assaut ou encore de libération d'otages. Des parachutistes français ont également participé à l'exercice afin de confirmer l'interopérabilité entre les deux unités parachutistes.

Un exercice scindé en plusieurs opérations

Du 20 au 22 avril, le 2ème Bataillon Commando belge, accompagné par des parachutistes français du 8ème Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine (RPIMA) se sont entrainés à de multiples opérations dans le cadre de l'exercice Nemesis.

L'exercice s'est étendu sur plusieurs zones en Belgique, avec des opérations que les Commandos pourraient rencontrer lors de futurs déploiements :

  • La ville de Tournai (Hainaut, Belgique) a vu un passage de l'Escaut grâce à des zodiacs ainsi qu'une action héliportée où huit militaires sont descendus en fast rope depuis un NH-90 de la Composante Air et entrer en action afin d'extraire une cible de grande valeur.
  • Un posé d'assaut a été effectué avec un A400M sur la base aérienne américaine de Chièvres (Hainaut, Belgique).
  • Deux largages de parachutistes ont eu lieu à Estinnes (Hainaut, Belgique) et à Nivelles (Brabant Wallon, Belgique) via un A400M.
  • Le 22 avril a eu lieu l'opération principale : vers 5 heure du matin, le bourgmestre (maire) de Nivelles a été pris en otage au sein de l’hôtel de ville (mairie). 80 commandos ont alors investi le centre de la ville, libéré l'otage et sécurisé la zone. En deux heures, les objectifs étaient atteints et le bourgmestre était évacué par un hélicoptère A-109 Agusta qui s'est posé sur la place du centre ville. Ensuite, les militaires restant ont été héliportés hors de la zone par la rotation de deux hélicoptères de transport NH-90.
  • D'autres opérations plus petites ont eu lieues : par exemple, plusieurs équipes de snipers ont dû se déployer furtivement dans Nivelles.
L'A400M belge sur la base militaire amércaine de Chièvres durant l'exercice Nemesis 22.
L'A400M belge sur la base militaire amércaine de Chièvres durant l'exercice Nemesis 22. © Air&Cosmos
L'A400M belge sur la base militaire amércaine de Chièvres durant l'exercice Nemesis 22.

Le but de cet exercice était double :

  1. Confirmer le haut degré capacitaire des commandos belges lors d'un exercice en conditions réelles : l’Armée belge s’entraine souvent dans des villes, durant des exercices de petite exercices (entrainement de snipers, d’unités de reconnaissance, franchissement d’obstacles,…) ou de plus grande taille (en 2018, ce sont ni plus, ni moins de 600 militaires belges, accompagnés de soldats anglais et hollandais, qui se sont entrainés dans 3 villes belges dans une exercice équivalent à Nemesis 22). Le but étant bien évidemment de s'entrainer dans un milieu urbain complexe qui ne peut être représenter à 100% dans des zones d'entrainement.
  2. Confirmer l'interopérabilité des troupes aéroportées françaises et belges. La Belgique et la France ont, à de nombreuses occasions, démontré leur capacité à opérer dans des opérations multinationales. D'ailleurs, 300 militaires belges sont actuellement déployés auprès de 600 militaires français en Roumanie.

Une récente restructuration pour une montée en puissance des forces aéroportées

La Composante Terre dispose de deux bataillons de para-commandos. Ces derniers représentent la principale force d'action déployable en urgence pour la Belgique. Ces deux unités légères privilégient les modes d'action aéroportés ou d'assaut via les A400M. Le caractère léger implique un mode d'action rapide au détriment de la mobilité de théâtre et de la durée de l'action. Avec les forces spéciales belges (Special Forces), ils composaient la Brigade Légère.

Toutefois, l'accroissement des menaces hybrides montre une augmentation des opérations des forces spéciales belges, qui deviennent de plus en plus complexes et demandent donc plus de moyens. Dès lors, la Défense belge a décidé de restructurer la manière de penser les opérations spéciales. Cette décision se confirme en 2018 lorsque la Brigade Légère est renommée en Special Operation Regiment (SOR) :

  • Les Forces Spéciales représentent la capacité d'effectuer des missions de reconnaissance inhabituelles, de raids, de sabotage ou d'appuis à des troupes déjà déployées. Ce sont avant des déploiements très discrets de quelques personnels.
  • Le bataillon parachutiste et le bataillon commando continuent de représenter le gros des unités d'intervention rapide belges mais deviennent également deux unités déployables en appuis aux Special Forces.
  • Le degré de mobilité terrestre est augmenté par l'achat de nouveaux véhicules tels que les Light Troop Transport Vehicles (véhicule basé sur l'Unimog 4x4 de Mercedes-Benz) ou les Fox Rapid Reaction Vehicle (RRV). Ces véhicules sont spécialement pensés pour le SOR : disponible avec plusieurs options, armement lourd (mitrailleuses de 7,62 et 12,7 mm), aérotransportés,...
  • Le SOR garde également les unités d'appuis de la Brigade Légère (communication, entrainement,...) mais acquiert de nouvelles unités propres, comme une unité de génie de combat.
  • Création d'un commandement unifié aux opérations spéciales ; le SOCOM.
Le prototype du LTTV belge à côté d'un Unimog des Special Forces. On voit très clairement que le LTTV est une amélioration de l'Unimog.
Le prototype du nouveau LTTV belge à côté de l'ancien Unimog des Special Forces. Les LTTV sont en train de remplacer les Unimog en service au sein du SOR. © La Défense
Le prototype du LTTV belge à côté d'un Unimog des Special Forces. On voit très clairement que le LTTV est une amélioration de l'Unimog.
  • Participation au Composite Special Operations Component Command (C-SOCC) ; il s'agit d'un état-major tripartite (Belgique, Danemark, Pays-Bas), non permanent, permettant à la force de réaction rapide de l'OTAN de disposer, si besoin, d'une unité de commandement propres aux forces spéciales.

La Belgique détient, depuis cette restructuration, une capacité militaire de déploiement rapide (aéroportée disposant de nouveaux équipements mobiles), renforcée (montée en puissance) mais aussi extrêmement agile (disponibilité de plusieurs troupes d'élite ayant leur propre champ d'action : combat, destruction/création d'obstacles, communication,...).


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