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Aviation Civile

L'intégration du module de service européen va démarrer

PROGRAMME ORION L'ASSEMBLAGE DU PREMIER EXEMPLAIRE DE VOL DU MODULE DE SERVICE DU VAISSEAU ORION FOURNI PAR L'EUROPE VA DÉBUTER DANS LES LOCAUX D'AIRBUS DEFENCE AND SPACE À BRÊME, EN ALLEMAGNE.

Le calendrier est serré :Airbus Defence and Space, le maître d'oeuvre industriel, a sept mois (d'ici janvier prochain) pour assembler les quelque 25 000 pièces et composants, ainsi que les kilomètres de câbles que comporte ESM-1 (European service module-1), le premier exemplaire de vol du module de service européen du vaisseau Orion-MPCV (Multi-Purpose CrewVehicle). La structure,fabriquée PARTHALEs Alenia Space dans son usine de Turin (Italie), a été livrée en avril par camion jusqu'au site de Brême. Elle représente 4 m de diamètre et de hauteur. L'intégration terminée,ESM-1 sera expédié vers le centre spatial Kennedy à l'aide d'un Antonov An-124.Près de 500 personnes vont être mobilisées d'ici là,un effectif composé pour moitié par les équipes d'Airbus DS, et pour l'autre moitié par ses différents sous-traitants.

Avec six semaines de retard, cette phase d'intégration débute exactement deux ans après la fin de la revue de conception préliminaire,alors que se poursuivent les tests du module d'essai structurel (STRUCTURALTESTARTICLE,STA). Il avait été livré en novembre dernier par Airbus DS au centre de Plum Brook de la Nasa (Ohio), après sa construction PARTAS et des essais initiaux en Europe.Elle anticipe la revue de conception critique,qui se clôturera formellement le 16 juin prochain à l'Estec,le centre technique de l'ESA basé à Noordwijk aux Pays-Bas (elle est en cours depuis le 11 avril). Y participeront des représentants de la Nasa et de l'ESA, d'Airbus DS, de Lockheed Martin (en charge de la construction d'Orion), et de sous-traitants majeurs.« C'est dire la confiance que nous avons dans la conception du module », confie Philippe Deloo,responsable du développement de l'ESM à la direction des vols habités et des opérations de l'ESA.

OBJECTIF 2018. Sous réserve que le développement du lanceur SLS ne prenne pas de retard et que les infrastructures au sol soient prêtes (bâtiment d'assemblage, table de lancement…), le vol d'ESM-1 reste prévu en 2018, pour valider ses performances.Ce sera la mission EM-1 (Exploration Mission-1), qui doit emporter le vaisseau Orion, inhabité, pour un périple complexe vers la Lune et au-delà : un survol de notre satellite naturel à 185 km d'altitude sera suivi d'une orbite rétrograde à une distance de plus de 64000 km. Non pressurisé et placé sous le module de commande, ESM-1 assurera sa propulsion à l'aide d'un moteur OMS-E de 26,7 kN de poussée, déjà utilisé lors de dix-neuf vols de la navette spatiale entre 1984 et 2002, et de 32 micropropulseurs. 8,6 t d'ergols seront embarqués pour leur fonctionnement. Le module européen alimentera également le vaisseau en électricité et en fluides (eau, oxygène et azote), indispensables pour l'accueil de futurs équipages.

L'énergie sera produite grâce à quatre panneaux solaires de 19 m d'envergure,dérivés de ceux de l'ATV,et capables de fournir un total de 11 kW. ESM-1 assurera enfin les fonctions thermiques et le transfert de données, l'avionique à bord se basant sur un réseau Ethernet d'une capacité de 1 Gb. Notons que l'alimentation de la cabine s'effectuera jusqu'à la séparation précédant la rentrée atmosphérique à l'aide d'un ombilical extérieur, qui contourne le bouclier thermique afin de ne pas le traverser. L'ensemble du vaisseau (incluant la tour d'éjection) représente 30 t au décollage. L'ESM pèse pour sa part un peu plus de 13 t. La première mission habitée, EM-2, est quant à elle toujours programmée par la Nasa en 2021. La fourniture de l'ESM-2 par l'Europe n'est pas encore décidée, mais un accord devrait être signé entre la Nasa et l'ESA vers le mois d'octobre, afin d'être validé lors du Conseil ministériel de l'ESA en décembre, à Lucerne. JanWoerner,le directeur de l'ESA, est un fervent partisan de la poursuite de cette collaboration, suite logique du programme ISS à ses yeux. Mais encore faut-il que les Etats membres témoignent également de leur intérêt. A plus long terme, alors que la Nasa envisage de poursuivre la production d'Orion sur dix ou vingt ans et que l'ESM a été conçu pour être produit « en série », l'Europe restera-t-elle intéressée par ce programme au-delà du premier vol habité, ou préférerat-elle investir dans d'autres, susceptibles d'offrir davantage d'activité de développement? Airbus DS avait été retenu en novembre 2014 pour réaliser le premier exemplaire de vol de l'ESM. Le contrat de développement s'élève à 390 M€, sur les 450 M€ accordés à l'ESA lors du Conseil ministériel de Naples en 2012, pour le financement des phases d'étude préliminaires, du développement, et des opérations.

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