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Les premières images du robot chinois Zhurong sur Mars
Les premières images du robot chinois Zhurong sur Mars
© CNSA

| Gilles Dawidowicz 380 mots

Les premières images du robot chinois Zhurong sur Mars

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le robot chinois Zhurong a fourni le 19 mai les premières images de sa zone d'atterrissage sur Mars. Le géographe Gilles Dawidowicz les décrypte.

Quand le dieu du feu rencontre le dieu de la guerre

Le rover Zhurong (240 kg) de l'agence spatiale chinoise, la CNSA, s'est donc posé le 14 mai comme prévu sur la planète rouge, à 40 km de la zone visée.

Cette première mission spatiale martienne est un grand succès pour la Chine qui devient la seconde nation à déposer une astromobile sur notre voisine rouge.

Comme souvent, le site d'atterrissage visé a été sélectionné plutôt par des ingénieurs que des scientifiques, privilégiant parmi les critères, une latitude proche de l'équateur pour maximiser le rendement des panneaux solaires et les télécommunications spatiales, une altitude peu élevée pour laisser le temps au parachute de freiner la rentrée atmosphérique, une région plane, peu poussiéreuse, avec une faible densité de blocs rocheux et des vents faibles pour sécuriser un posé le plus horizontal possible.

Bref, pour toutes ces raisons, les chinois ont choisi Utopia Planitia, célèbre et vaste plaine de l’hémisphère Nord de Mars, déjà visitée par Viking Lander 2 en septembre 1976.

 

Un plat pays

Quatre jours après s'être posé, l'engin a renvoyé vers la Terre ses premiers clichés, historiques, de la surface de Mars.

Un cliché noir et blanc dévoile la rampe que l'astromobile va emprunter pour descendre de sa plateforme et rouler sur Mars, et un cliché en couleur montrant au premier plan une partie des panneaux solaires déployés de l'engin.

Tout semble nominal.

Quant au paysage, Utopia Planitia porte bien son nom.

45 ans après avoir été visitée par les américains, cette région martienne est toujours aussi plate.

Jonchée de petits blocs et cailloux englués dans des fines et des sédiments pulvérulents mais indurés, la zone paraît d'ores et déjà morne et monotone.

L'engin devra rouler plusieurs kilomètres ou dizaines de kilomètres avant de rencontrer quelques menus reliefs.

Prévu pour rouler au moins trois mois, il va conduire quelques analyses scientifiques sur la composition du sol et l'atmosphère, qui viendront compléter la documentation déjà bien fournie de la planète Mars.

Pourvu que l'engin croise quelques petits cratères d'impact, quelques dunes voire même une météorite de fer sur son parcours, sinon la mission risque de lasser les plus enthousiastes d'entre nous...

 

Géographe de formation, Gilles Dawidowicz est secrétaire général de la Société Astronomique de France et président de sa commission Planétologie

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Parthenay | 25/05/2021 09:49

Une technologie de pointe,bravo.

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