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Le troisième catalogue d’étoiles du satellite Gaia dévoilé
Le troisième catalogue d’étoiles du satellite Gaia dévoilé
© ESA/Gaia/DPAC; CC BY-SA 3.0 IGO, CC BY-SA 3.0 IGO

| Pierre-François Mouriaux 396 mots

Le troisième catalogue d’étoiles du satellite Gaia dévoilé

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le 13 juin, l’Agence spatiale européenne et les astronomes associés ont présenté la nouvelle édition du catalogue du satellite européen d’astrométrie, lancé fin 2013.

Un successeur pour Hipparcos

La mission d’astrométrie spatiale Gaia (Global Astrometric Interferometer for Astrophysics - Interféromètre astrométrique global pour l'astrophysique) avait été décidée en septembre 2000, s’inscrivant dans le programme Horizon 2000+ de l’Agence spatiale européenne.

Elle devait succéder à la mission Hipparcos, premier arpenteur du ciel de l’ESA, qui effectua 120 millions de mesures entre 1989 et 1993.

 

Cap sur L2

Construite par Airbus Defence and Space, la sonde Gaia a été lancée le 19 décembre 2013, à l’aide d’une fusée Soyouz mise en œuvre depuis le Centre spatial guyanais.

Elle a été placée autour du point de Lagrange L2, l'un des points d'équilibre quasi-stable du système Soleil-Terre, à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre.

Depuis ce point, la sonde se consacre à la mesure de la position, de la distance et du mouvement de… millions d’étoiles de notre Galaxie.

Sans oublier l’observation, riche en enseignements, de petits corps du système solaire et d’objets lointains.

 

Près de deux milliards d’étoiles mesurées

Le 13 juin, les équipes du consortium d’analyse des données du satellite ont dévoilé leur troisième catalogue, baptisé DR3 (Gaia Data Release 3), qui correspond à 34 mois de collecte, entre juillet 2014 et mai 2017.

La communauté astronomique dispose ainsi de la plus grande collection de données jamais collectées sur 1,8 milliard d’astres de notre galaxie, bien au-delà des espérances, avec des détails nouveaux et améliorés sur leur composition chimique, leur température, leur couleur, leur masse, leur âge et leur vitesse radiale.

La carte présentée ici concerne les éléments chimiques qui composent la Voie lactée.

 

Décryptage

Gilles Dawidowicz, vice-président de la Société Astronomique de France, nous livre le commentaire suivant : « Grâce à l'incroyable moisson de données obtenue par Gaia, les astronomes espèrent pouvoir mieux comprendre l'origine des étoiles, de leurs lieux de naissance et leurs lieux de morts. Mais, mieux encore, grâce à Gaia, les scientifiques constatent que certaines étoiles de notre galaxie sont constituées de matière primordiale, tandis que d'autres comme le Soleil sont constituées de matière enrichie par les générations précédentes d'étoiles. Ainsi, les étoiles les plus proches du centre de la Voie lactée sont plus riches en métaux que les étoiles plus lointaines. Cette vue colorée de tout le ciel illustre la qualité de la troisième version du catalogue Gaia, et nous indique la métallicité stellaire : les étoiles les plus rouges sont plus riches en métaux. La révolution ne fait que commencer ! »


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