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Armées
La République Tchèque souhaite acheter 24 F-35 aux États-Unis
La République Tchèque souhaite acheter 24 F-35 aux États-Unis
© USAF, Joely Santiago

| Dorian de Schaepmeester 634 mots

La République Tchèque souhaite acheter 24 F-35 aux États-Unis

La République tchèque a annoncé se tourner vers l'avionneur Lockheed pour négocier l'achat de 24 chasseurs F-35. Ils viendraient remplacer la flotte d'avions de quatrième génération Gripen, loués à la Suède dès 2005.

Les F-35 de Lockheed cartonnent 

Lockheed serait en passe de décrocher un nouveau contrat, cette fois-ci avec la République tchèque. Le mercredi 20 juillet, le Premier ministre tchèque Petr Fiala a annoncé que son gouvernement souhaitait acquérir 24 nouveaux chasseurs F-35 auprès de l'avionneur américain. Aviation Week rapporte que des équipes interministérielles ont été établies pour négocier les conditions de vente avec Washington. L'objectif serait de remplacer les 14 avions JAS 39 Gripen de quatrième génération, loués à la Suède à partir de 2005 jusqu'en 2027, par deux douzaines de F-35A qui équiperont deux escadrons des forces aériennes. 

Lockheed connait une véritable ruée sur ses avions de chasse de cinquième génération, la République tchèque rejoignant une liste toujours plus longue de potentiels acheteurs du F-35. En Europe, cinq pays sont partenaire direct du programme de production du F-35 : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Italie, le Danemark et la Norvège. Mais la liste d'acheteurs s'étend à la Belgique, la Pologne et la Finlande. Au cours de ces derniers mois, d'autres pays européens ont indiqué leur souhait d'acquérir les chasseurs américains, de la Suisse à l'Allemagne en passant par l'Espagne ou la Grèce. Avec la guerre en Ukraine et les ambitions expansionnistes de Vladimir Poutine, les investissements dans le domaine de la défense se font plus nombreux et les aéronefs de Lockheed, promus comme supérieurs d'un point de vue technologique, sont de plus en plus convoités.  

Un JAS 39 Gripen de l'armée de l'air suédoise en vol lors du salon aérien de Kaivopuisto en 2017.
Un JAS 39 Gripen de l'armée de l'air suédoise en vol lors du salon aérien de Kaivopuisto en 2017. © Musée de l'aviation finlandais, Tuomo Salonen
Un JAS 39 Gripen de l'armée de l'air suédoise en vol lors du salon aérien de Kaivopuisto en 2017.
Un F-35A de la Royal Norwegian Air Force lors d'un vol test aux États-Unis.
Un F-35A de la Royal Norwegian Air Force lors d'un vol test aux États-Unis. © Lockheed Martin, Kaszynzki
Un F-35A de la Royal Norwegian Air Force lors d'un vol test aux États-Unis.

Un avion populaire malgré son manque de fiabilité 

Le programme F-35 est ambitieux, mais accumule les défauts. L'avion se décline en trois catégories : le F-35A à atterrissage et décollage conventionnel (CTOL), le F-35B à décollage standard et atterrissage vertical (SVTOL) et le F-35C destiné à l'aéronavale, à décollage catapulté et atterrissage par brins d'arrêts (CATOBAR). Mis en service en 2015 au sein de l'U.S. Air Force, le F-35 est un chasseur multirôle emportant un canon GAU 22 de calibre 25 mm et des bombes à guidage laser GBU-12 ou encore des missiles air-air AIM-9. Bien que son architecture soit d'abord pensée pour la furtivité, le F-35 peut passer en mode attaque et engager des cibles au sol dans un rayon de 1 200 km ou des dogfights aériens contre d'autres chasseurs.

Mais l'aéronef de Lockheed est aussi criblé de défaut. Si bien que le Comité des services armés du Congrès des États-Unis mettait en place une enquête de fiabilité sur les capacités de l'avion et les nombreux problèmes rencontrés par divers opérateurs à travers le monde. En janvier 2022, un appareil s'échouait en mer de Chine tandis que le même mois, l'intégralité de la flotte de F-35 sud-coréenne (40 unités) se trouvait immobilisée dû à un incident s'étant déroulé lors de l'atterrissage de l'un des chasseurs. En 2021, sept erreurs critiques, pouvant altérer le déroulé d'une mission ou mettre en danger la vie du pilote, étaient listées dans un rapport transmis au Congrès américain.

Plusieurs raisons peuvent expliquer le choix de nombreux pays de se tourner vers le F-35, malgré les problèmes listés ci-dessus et les coûts faramineux (presque 35 000 dollars pour une heure de vol). La revue Business Insider expliquait que hormis la vitrine technologique offerte par les avions de cinquième génération, se pose la question des relations géopolitiques entre pays membres de l'OTAN. Face aux activités de la Russie, la sélection du F-35 par de nombreux gouvernements occidentaux démontre la volonté de nombreuses nations de s'orienter vers une coopération militaire et industrielle avec les États-Unis. 

Néanmoins, les négociations débutent pour la République tchèque. Les gouvernements de Prague et Washington devraient échanger durant plusieurs semaines, voir plusieurs mois, pour convenir d'un accord. Alors que de nombreux pays attendent la livraison de leurs premiers F-35, tels que la Belgique en 2023, la République tchèque ne devrait pas recevoir ses potentiels avions de cinquième génération avant quelques années. 

F-35 République Tchèque Lockheed Gripen AVIONS DE COMBAT


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