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La Constellation Arktika
La Constellation Arktika

| B. Carris

La Constellation Arktika

La nouvelle constellation météorologique russe pourrait également avoir une application militaire

Premier lancement d’une longue série 

Le 28 février à 6h55 (UTC), l’agence spatiale Russe Roscosmos a lancé avec une nouvelle constellation depuis Baïkonour. Lancés par le véhicule Soyouz 2-1B Fregat et baptisé Arktika-M-1, ces deux nouveaux satellites effectueront une  « surveillance climatique et environnemental de l’Arctique ». Construit par Lavotchkine, ils viendront compléter les trois satellites météorologiques Russes Elektro-L opérant en orbite géostationnaire. Placés sur une orbite de Molnia (63,4 degré) ils effectueront 2 révolutions par jour. Leur durée de vie serait de 10 ans, et ils seront rejoints à partir de 2025 par 4 nouveaux binômes (Arktika-M-2-3-4-5).

Charges utiles 

L’instrument principal à bord d’Arktika-M est un spectromètre fonctionnant dans le visible et l'infrarouge, dérivé du spectromètre MSU-GS installé sur Elektro-L. Il sera utilisé dans au moins dix longueurs d’ondes différentes allant de la lumière visible à l’infrarouge thermique. Les images à lumière visible et proche infrarouge aideront les météorologues à surveiller la couverture nuageuse et la vapeur d’eau atmosphérique, tandis que les données infrarouges thermiques peuvent être utilisées pour suivre les températures. La résolution de cet instrument à bord d’Elektro-L varie entre un et quatre kilomètres selon la longueur d’onde, et la version à bord d’Arktika-M aura probablement des performances similaires.

Arktika-M est également équipé de la suite GGAK-VE dérivée du complexe GGAK-E à bord d’Elektro-L. Il s’agit d’un magnétomètre pour mesurer le champ magnétique terrestre et de capteurs pour détecter et surveiller les particules chargées dans l’ionosphère et le rayonnement solaire. Or, la mesure de l'état de l' ionosphère sur laquelle se réfléchissent les ondes courtes permettra de corriger en temps réel  les modèles utilisés sur les radars d'alerte avancée du type 29B6 Konteyner fonctionnant sur ondes courtes. Enfin, il emportera également un module de communication pour recueillir et relayer les données des stations de recherche de l’Arctique, tout en relayant les communications d’urgence dans le cadre du système KOSPAS-SARSAT.

Le spatial Russe en grande forme 

Le lancement de dimanche était le troisième de l’année 2021, après deux lancements plus tôt en février, pour placer en orbite un satellite militaire ELINT Lotos-S depuis le cosmodrome de Plesetsk, puis envoyer un module  Progress MS-16 vers l'ISS depuis Baïkonour. Les prochains lancements russes sont attendus fin mars, avec une mission commerciale depuis Baïkonour et un lancement de 36 satellites depuis le cosmodrome de Vostochny au profit de OneWeb, qui devraient être lancés à quelques jours d’intervalle en utilisant respectivement des véhicules Soyouz-2-1a et 2-1b.

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