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Aviation Civile
Environnement: les compagnies passent à l'offensive © A4E

| Benoît Gilson

Environnement: les compagnies passent à l'offensive

Les compagnies aériennes dénonce une taxation qui va nuire à l'environnement

Le début de l’été est toujours l’occasion pour A4E, l'association qui regroupe notamment les grandes compagnies européenne (IAG, Lufthansa, Air France-KLM, EasyJet, Ryanair …) de réunir ses membres autour d’une grande messe pour faire le point sur les dossiers du moment. Cette année, le sujet traditionnel des déficiences des contrôles aériens a été supplanté par la décision française, prise un jour plus tôt, de taxer les compagnies aériennes de 1,5 à 18 euros selon les distances et les classes au départ des aéroports français. De quoi créer une manne de plus de 180 millions d’euros par an qui serait consacrée aux moyens de transports concurrents à savoir le rail et la route. 

C’est en chœur que les patrons des grands groupes ont rappelé que les passagers payent déjà plus du 10% du prix du billet d’avion en taxes diverses et que toute nouvelle taxe ne fera que réduire la capacité d’investissement des compagnies aériennes dans des vols plus propres. Les compagnies soulignent qu’elles prévoient pas moins de 169 milliards d’investissements dans 800 avions neufs (d’ici 2030) et qu’elles se sont déjà acquittées d’1,3 milliard d’euros entre 2013 et 2018 à travers la règle des quotas carbone ETS (Emission Trading Scheme). En 2019, A4E évalue que le coût de cet ETS pour les compagnies aériennes européennes atteindra 590 millions, soit une croissance de 59% par rapport à 2018. 

Et les compagnies aériennes de rappeler que d’autres pistes existent – et sont dans les mains des pouvoirs publics – en vue de réduire les émissions du trafic aérien. Au premier rang desquelles, la gestion du trafic aérien. A4E a ainsi fait le bilan, catastrophique, de 2018 en cette matière. Ainsi, 71% des « retards en route » de 2018 ont été occasionnés par le contrôle aérien avec une croissance de 114% du nombre de minutes de retard par rapport à 2017 pour atteindre le triste record de 19 millions de minutes. A4E souligne également qu’en raison des engorgements du contrôle aérien, les compagnies sont de plus en plus souvent contraintes d’effectuer des détours et d’allonger inutilement leurs vols, jusqu’à 30% au-delà de ce qui est nécessaire pour relier deux destinations. Un rapport d’Eurocontrol souligne ainsi que les inefficiences du contrôle aérien ont occasionné en 2017 une croissance de 5,8% des émissions de CO2. 

Bruxelles ENVIRONNEMENT Air France-KLM Lufhansa A4E British Airways IAG EasyJet Ryanair

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