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Défense
Entre la Mer du Nord et la Mer Baltique, l'OTAN fait voler ses avions de combat
Entre la Mer du Nord et la Mer Baltique, l'OTAN fait voler ses avions de combat
© UK MOD, RAF

| Dorian de Schaepmeester 805 mots

Entre la Mer du Nord et la Mer Baltique, l'OTAN fait voler ses avions de combat

Sept mois après le début de la guerre en Ukraine, l'allocution de Vladimir Poutine diffusée au matin du 21 septembre relançait l'engrenage de l'escalade, en marge d'une assemblée générale se tenant au siège des Nations Unies. Quelques heures après, la communauté journalistique et OSINT constatait la présence de nombreux appareils militaires en vol au-dessus du nord-est de l'Europe, liée à un exercice de l'OTAN dans la région.

Vol au-dessus d'une poudrière

Le 24 septembre 2022 marquera le septième mois de guerre menée par la Russie en Ukraine. Alors que de nouveaux conflits fleurissent autour de la fédération russe, notamment entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le Kremlin diffusait le 21 septembre un discours pré-enregistré de Vladimir Poutine annonçant l'établissement d'une mobilisation "partielle". L'objectif : renflouer des effectifs vacillants tandis que les forces ukrainiennes réalisent une offensive fulgurante à l'est du pays. Le dirigeant russe réitérait des menaces d'utilisation de l'arme nucléaire en cas "d'agression" de l'Ukraine ou de pays de l'OTAN sur le territoire de la Russie. 

Au cours de la matinée, de nombreux internautes relevaient sur les réseaux sociaux la présence d'avions de combat volant au-dessus de la Mer du Nord et de la Mer Baltique. Sur le site Flightradar24, permettant de suivre en temps réel une grande majorité des vols civils et militaires à la surface du globe, plusieurs appareils tels que des avions de détection et de commandement AWACS ou des chasseurs étaient observés manoeuvrant entre la Mer du Nord et la Mer Baltique. Si l'inquiétude a pu poindre, la présence de ces aéronefs dans cette région est due à un exercice militaire mené depuis le Royaume-Uni et baptisé Cobra Warrior. Le 31 août, la Royal Air Force publiait un article indiquant que la base aérienne de Waddington, située à l'est de l'Angleterre, accueillait des avions italiens, allemands ou encore américains. Le gouvernement britannique déclarait que Cobra Warrior mobilise six Eurofighters Typhoon italiens, six Tornados de la Luftwaffe et plusieurs F-16, F-15 et F-35A américains utilisés par la 48th Fighter Wing de l'U.S. Air Force. Quelques hélicoptères HH-60 de la 56th Rescue Squadron (escadron de recherche et secours) ont été mobilisés. 

Le ministère de la Défense du Royaume-Uni avait précisé qu'un Boeing E-3A Sentry de l'OTAN se joignait à l'exercice, apportant un soutien supplémentaire aux chasseurs opérant durant Cobra Warrior. Le poste de commandement aéroporté a brièvement été aperçu sur le site Flightradar24. 

B-52 dans les airs : un avertissement à la Russie ? 

Au nord-est de l'Union européenne, les habitants de la commune de Jokkmokk, en Suède, ont passé une partie de la journée du 21 septembre sans se douter que deux bombardiers B-52H Stratofortress de l'U.S. Air Force tournaient au-dessus de leurs têtes. Immatriculés RUMOR11 et RUMOR12, les deux bombardiers subsoniques ont volé durant plus de trois heures dans l'espace aérien suédois, avant de couper leurs transpondeurs. Un message clair envoyé à la Russie, les B-52 pouvant emporter des missiles AGM-129 et AGM-86A, équipés de têtes nucléaires. Les deux bombardiers se situaient alors à quelques dizaines de minutes de vol de Saint-Pétersbourg et de Moscou. RUMOR 11 et 12 avaient décollé de la base de Fairford, à l'ouest de Londres, en fin de matinée.

Bien que le B-52 soit capable de larguer des bombes et missiles conventionnels, il est probable que les États-Unis aient souhaité procéder à du "signalling". Cette méthode, employée à plusieurs reprises par la Russie et l'OTAN depuis le début du conflit, permet de signaler à son adversaire ses capacités stratégiques et militaires, l'exemple le plus probant étant de faire exécuter des manœuvres inhabituelles à certains appareils. En mars 2022, des observateurs avaient noté l'envol de plusieurs avions officiels et militaires d'aéroports de Moscou, surtout de postes de commandement aéroportés tels que l'II-96  ou "Doomsday plane", permettant au gouvernement russe de mener à bien une attaque ou contre-offensive nucléaire. Les pays membres de l'OTAN ont quant à eux envoyé plusieurs drones destinés à des missions de reconnaissance en Mer Noire et à proximité du théâtre ukrainien. 

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IMG_4936.jpg © Flightradar24
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Un B-52 présenté en 2011 lors d'un salon aérien se déroulant en Australie.
Un B-52 présenté en 2011 lors d'un salon aérien se déroulant en Australie. © Z3144228, Wikimedia Commons
Un B-52 présenté en 2011 lors d'un salon aérien se déroulant en Australie.

L'exercice Cobra Warrior se termine le 23 septembre. Une autre opération multilatérale dirigée par l'OTAN se concluait le 21 septembre, NOCO 22 (pour "Northern Coasts"), se concentrant exclusivement sur la branche navale des forces de l'Organisation. Au cours des mois à venir, l'OTAN mettra en place trois autres exercices : MARE APERTO 22.2, POSEIDON 22 et COMBINED RESOLVE XVIII. POSEIDON 22, prenant place en Mer Noire entre le 4 et le 11 novembre, se déroulera dans un contexte difficile, la Russie conduisant son offensive sur l'Ukraine depuis la Mer Noire, principalement grâce à ses bases militaires positionnées en Crimée. 

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