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Défense
Drone MALE : General Atomics pousse ses pions
Drone MALE : General Atomics pousse ses pions
© GAASI

| Jean-Marc Tanguy

Drone MALE : General Atomics pousse ses pions

Face à la désunion de l'Europe et aux retards dans les programmes de drones européens, General Atomics place ses têtes d'épingle sur le Vieux Continent.

Montée en puissance du MQ-9B

D’ores et déjà une demi-douzaine d’Européens et pas forcément les moindres ont engrangé de la charge industrielle ou vont le faire avec la montée en puissance du MQ-9B. Un montage qui rappelle, à certains égards, celui du F-16 en Europe dans les années 70, même si, pour l’instant en tout cas, l’assemblage reste bien en Californie. Le belge SABCA a ainsi remporté la fabrication des radômes du SATCOM, une des pièces les plus nobles de la structure du drone. Le néerlandais GKN, lui, se place sur les atterrisseurs, l’allemand Rhode & Schwarz engage ses radios. Un Espagnol fournit un pod pour héberger des capteurs et un Belge, des écrans pour la station de contrôle.
 

L'option d'un EuroGuardian ?

Avec la proposition d’un EuroGuardian dans lequel les Européens placeraient leur propre charge utile, au besoin, leur propre liaison de données, en fonction de leurs besoins opérationnels ou de souveraineté industrielle, l’intégration de composants européens pourrait bien encore croître.
Plaquée sur la France, cette proposition pourrait concerner des capteurs d’écoute et des liaisons de données Thales, éventuellement de l’optronique Thales (néanmoins réputée moindre que l’Américaine), et pourquoi pas, des armements MBDA. Un bon plan B si d’aventure le projet Euromale tombait à l’eau. General Atomics se verrait bien aussi créer une structure de formation en Europe, mais où ? Plusieurs pistes sont d’ores et déjà considérées, en plus de celle, natur elle, de privilégier Dresde, le centre Européen de General Atomics, berceau d’un des membres de la famille propriétaire de la société. Ce site est déjà promis à assurer les MCO des Reaper et Protector Européens, permettant ainsi de gagner un temps précieux.
 

La France a la plus grosse flotte de Reaper

La France a néanmoins potentiellement de gros atouts à faire valoir. D’abord, elle a d’ores et déjà la plus grosse flotte de Reaper : 12 Block 1 et Block 5 (dont cinq encore aux USA, en attente de livraison ou de développement), et elle s’apprête à sans doute acquérir pour le successeur du Charles-de-Gaulle des catapultes électromagnétiques EMALS réalisées par un certain… General Atomics. En outre, le Californien ne cache pas rechercher un ou plusieurs Européens pour ses offres de services, avec ou sans équipages. De quoi émoustiller quelques acteurs, alors que certains Français alignent aussi de belles trésoreries ou capacités humaines préalables.

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bo2web | 22/06/2020 16:02

Quand les européens s'unissent dans des projets tels que A400 M, L'Eurofighter Typhoon chacun y va des ses spécificités tactiques et capacitaires. Dès lors le projet prend du poids, du temps et des surcoûts ! L'EuroMALE semble en être une piètre démonstration. Quel dommage ! Le démonstrateur Neuron piloté par Dassault avait été un succès d'intégration d'industriels européens...

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