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Défense
Défense : la flotte de SDTI "suspendue"
Défense : la flotte de SDTI "suspendue"
© Armée de Terre

| Jean-Marc Tanguy

Défense : la flotte de SDTI "suspendue"

On savait que la fin de vie du système de drone tactique intérimaire (SDTI) de Safran serait compliquée mais cela s'est confirmé en juillet avec la suspension de cette flotte.

Le CEMAT en personne suspend le parc SDTI
 

On savait que la fin de vie de vie du système de drone tactique intérimaire (SDTI) de Safran serait compliquée, mais cela s’est brusquement confirmé, en juillet, avec la suspension de cette flotte, opérée par le 61e régiment d’artillerie de Chaumont. Qui sonne, de fait, plus comme un arrêt définitif. Le régiment opère aussi des DRAC d’Airbus (eux aussi en fin de vie), et des SMDR de Thales, qu’il doit déployer au Sahel d’ici la fin de l’année. La décision de suspension de la flotte a été prise par le Chef d'Etat-Major de l'Armée de Terre (CEMAT) en personne. La sécurité des vols de la flotte s’est compliquée et même sur des camps (où sont opérés les derniers SDTI, qui ne peuvent plus être envoyés en opex), la prise de risque est apparue manifestement trop importante pour des bénéfices assez difficiles à quantifier et à qualifier. A ce stade de la vie du SDTI, entré en service en 2005, c’est donc un enterrement de première classe.

 

Retard dans la relève

 

Le SDTI devait tenir moins d’une dizaine d’années : c’était un drone intérimaire. Seulement, de reports budgétaires en retards industriels, la relève par le système de drone tactique (SDT), commandé en 2016, ne devait plus arriver qu’en 2018 (la date contractuelle). Devenue décembre 2019 : c’est là qu’est intervenu le crash d’un engin lors d’un vol de réception mené par l’industriel (par chance sur une zone inhabitée). La cause est à localiser dans la chaîne navigation, pourtant un des points de forces historiques de Safran. Plus grave encore, ce sont encore deux années, au moins, qu’il faudra attendre un SDT fiabilisé. Deux années pendant lesquelles le 61e RA n’aura donc pas le vecteur promis, mais pas de SDTI non plus.

 

Le passif du Harfang

 

Le CEMAT a rencontré le PDG de Safran, en juillet, vraisemblablement sur ces sujets. A ce stade, fiabiliser le SDT semble encore plus complexe que pour le SDTI. Quand l’Armée de l’Air avait rencontré pareille situation avec les retards du Harfang d'Airbus, livré en 2008 au lieu de juilllet 2003, elle avait accusé une perte nette qu’elle n’a jamais pu rattraper, notamment sur le plan des RH. Et à l’époque, il ne s’agissait que d’un escadron, pas d’un régiment entier, à qui il a fallu trouver des occupations.

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patrico delmondo | 24/08/2020 11:02

1ere - Si déjà c' est ce type de drone en photo qui est suspendu voir arrêter , il ne faut pas chercher , il m'a l'air très mal conçu, et en plus à l envers et l inverse de ce que doit être un drone ! ! 2 eme - votre article nous informe que c est toute! la chaîne de navigation qui est en cause ! Alors la décision du Chef d Etat Major devra signer rapidement l arrêt de cet "appareil" et pousser à repartir sur des systèmes tactiques Tout autres , novateurs et performants en tous domaines , mais Vite ! ils ont insistés un peu trop ou compris un peu tard car ça avance au pas de charge "partout" Merci a vous tous.

PeeF | 25/08/2020 08:42

Si ce drone était vraiment "intérimaire", il devait s'attendre à perdre son job

Se rassurer et ne pas confondre SDTI et SDT... | 25/08/2020 16:19

Bonjour, Pour rassurer et répondre à Patrico : contrairement à ce qu'il parait, le Sperwer (SDTI) ici représenté est bien conçu pour le besoin exprimé, il a rendu beaucoup de services aux forces et a trouvé plusieurs utilisations pour d'autres pays européens (comme on peut le trouver sur internet). En effet, son rôle intérimaire touche à sa fin et le risque de difficulté et de coût de maintenabilité est passé de moyen à fort, ce qui s'est ressenti sur le terrain … (un peu comme quand on cherche à réparer une voiture qui a 250 000km, en s'apercevant que ça revient plus cher que d'en acheter une autre). Ceci explique la décision légitime d'arrêter le SDTI. Quant au SDT (autrement appelé Patroller et n'ayant que peu de rapport avec le SDTI Sperwer), un des vols de qualification a en effet souffert d'une série de circonstances improbables, ayant abouti à une mise en sécurité du vol, se finissant malheureusement dans un arbre (comme un accident de voiture, c'est rarement calculé, encore moins intelligent, et surtout rarement prévisible). "La cause est à trouver dans la chaine de navigation", et non pas dans "toute la chaine" …et il ne faut pas confondre le SDTI en utilisation depuis longtemps et n'ayant pas de souci de conception, et le SDT en cours de qualification. Comme il s'agit d'un drone dont l'objectif est d'être certifié civil, les contraintes sont beaucoup plus fortes et plus longues, ce qui justifie un décalage aussi "raide" que 2 ans après un incident de qualification : les forces veulent tout simplement et de façon légitime aussi que leur futur drone soit 100% qualifié. Le problème réside dans le timing de qualification du Patroller : si l'accident de qualification avait pu être prévu ("analyse de risques peut-être plus poussée" ? besoin de plus de temps pour faire plus d'essais ? … seule l'enquête pourra le dire), à ce moment-là le SDT Patroller serait déjà en mesure de remplacer le SDTI Sperwer.

Max | 14/09/2020 11:16

Vous mélangez par méconnaissance. Photo SDTI ou Sagem Sperwer arrivé en fin de vie ! Le système de drone tactique (SDT) c'est le Patroller de Safran. Point commun : Un retard à l'allumage scandaleux qui met en rade tout un régiment de l'Armée de Terre. Heureusement que l'Armée de l'Air a acheté sur étagère les General Atomics MQ-9 Reaper

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