Défense : les enseignements prometteurs d'un dispositif de sûreté aérienne de hors normes à Marseille
Défense : les enseignements prometteurs d'un dispositif de sûreté aérienne de hors normes à Marseille
© AAE

publié le 14 mai 2024 à 16:46

524 mots

Défense : les enseignements prometteurs d'un dispositif de sûreté aérienne de hors normes à Marseille

Les 8 et 9 mai, au dessus de Marseille, l'Armée de l'Air et de l'Espace a enregistré de très bons résultats lors du dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA) avec un volume inhabituel d'interceptions d'aéronefs et de drones. Elle a aussi pour la première fois utilisé un drone Reaper qui avait décollé de Solenzara et a été contrôlé depuis Cognac.


Flamme olympique à Marseille : une arrivée bien surveillée

Avec des concentrations de public et d'autorités, l'Armée de l'Air et de l'Espace avait mis la paquet pour le DPSA chargé de veiller sur l'arrivée de la flamme olympique à Marseille le 8 mai, avec en vol un Awacs, un Rafale, deux Cirrus SR22 et trois hélicoptères Fennec qui se sont relayés dans trois zones différentes. Un radar G1X a été loué pour apporter un supplément de détection au sol. Un drone MQ-9 Reaper de la 33e escadre de surveillance, de reconnaissance et d'attaque a aussi pour la première fois décollé d'une base (Solenzara, en Corse du Sud) qui n'était pas celle d'où il était contrôlé (Cognac, où il s'est posé, vers 21h15).

Un télépilote de microdrone repéré

L'appareil a permis de repérer un télé-pilote de micro-drone après une alerte initiale transmise par le dispositif dédié de lutte anti-drone au sol. « On l'a retrouvé sur un bateau au mouillage dans le port de Marseille, il avait effectivement le drone dans les mains », raconte le capitaine Mitch qui pilotait le Reaper. Un autre équipage s'est chargé de l'atterrissage du drone à Cognac, et un troisième avait été mobilisé, lui en début de journée, pour opérer un Reaper utilisé pour sécuriser la commémoration du 8 mai à Paris. La contribution du Reaper ne s'est pas bornée à cette identification de télé-pilote, mais également à scruter les zones définies préalablement dans le dossier d'objectifs, notamment des points hauts qui pourraient être utilisés pour des départs de parapentistes par exemple.

Une dizaine de brouillages de drones depuis le Belém

Une dizaine de brouillages de drones ont été réalisés par la Marine par un fusil antidrone à bord du voilier Belém, et cinq autres par les forces au sol, qu'il s'agisse du système lourd BASSALT mis en œuvre par l'Armée de l'Air et de l'Espace, ou des fusils brouilleurs Watson et Wilson déployés par les forces de sécurité intérieure. Ces derniers ont donné lieu à quatre interpellations de télé-pilotes mais selon le général Olivier Poncet, en charge de la brigade aérienne de posture permanente de sûreté, « il n'y avait aucune malveillance » de leur part (comme c'est le cas dans la quasi-totalité des cas). Deux autres brouillages ont été réalisés le lendemain, sans interpellation.

Deux aéronefs civils contrôlés en infraction

Par contre, deux aéronefs civils ont été contrôlés en infraction de la zone interdite temporaire. Le premier, un néerlandais qui descendait sur l'Italie a été réorienté par le contrôle aérien et a repris sa route. Un PA-28 qui se rendait au Castellet a quant à lui été intercepté par un Rafale de la 30e escadre de chasse qui avait décollé d'Istres. Il s'est posé sur son terrain de destination. Cette activité soutenue fait figure de répétition avant les DPSA de l'été qui mobiliseront bien plus largement l'Armée de l'Air et de l'Espace, notamment en Normandie (durant trois jours de commémorations du 80e anniversaire du débarquement), pour la fête nationale le 14 juillet, puis évidemment, à l'occasion des JO. D'autres DPSA sont encore à l'étude pour les commémorations du débarquement de Provence (15 août) et de la libération de Paris (25 août).

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14/05/2024 16:46
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Défense : les enseignements prometteurs d'un dispositif de sûreté aérienne de hors normes à Marseille

Les 8 et 9 mai, au dessus de Marseille, l'Armée de l'Air et de l'Espace a enregistré de très bons résultats lors du dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA) avec un volume inhabituel d'interceptions d'aéronefs et de drones. Elle a aussi pour la première fois utilisé un drone Reaper qui avait décollé de Solenzara et a été contrôlé depuis Cognac.

Défense : les enseignements prometteurs d'un dispositif de sûreté aérienne de hors normes à Marseille
Défense : les enseignements prometteurs d'un dispositif de sûreté aérienne de hors normes à Marseille

Flamme olympique à Marseille : une arrivée bien surveillée

Avec des concentrations de public et d'autorités, l'Armée de l'Air et de l'Espace avait mis la paquet pour le DPSA chargé de veiller sur l'arrivée de la flamme olympique à Marseille le 8 mai, avec en vol un Awacs, un Rafale, deux Cirrus SR22 et trois hélicoptères Fennec qui se sont relayés dans trois zones différentes. Un radar G1X a été loué pour apporter un supplément de détection au sol. Un drone MQ-9 Reaper de la 33e escadre de surveillance, de reconnaissance et d'attaque a aussi pour la première fois décollé d'une base (Solenzara, en Corse du Sud) qui n'était pas celle d'où il était contrôlé (Cognac, où il s'est posé, vers 21h15).

Un télépilote de microdrone repéré

L'appareil a permis de repérer un télé-pilote de micro-drone après une alerte initiale transmise par le dispositif dédié de lutte anti-drone au sol. « On l'a retrouvé sur un bateau au mouillage dans le port de Marseille, il avait effectivement le drone dans les mains », raconte le capitaine Mitch qui pilotait le Reaper. Un autre équipage s'est chargé de l'atterrissage du drone à Cognac, et un troisième avait été mobilisé, lui en début de journée, pour opérer un Reaper utilisé pour sécuriser la commémoration du 8 mai à Paris. La contribution du Reaper ne s'est pas bornée à cette identification de télé-pilote, mais également à scruter les zones définies préalablement dans le dossier d'objectifs, notamment des points hauts qui pourraient être utilisés pour des départs de parapentistes par exemple.

Une dizaine de brouillages de drones depuis le Belém

Une dizaine de brouillages de drones ont été réalisés par la Marine par un fusil antidrone à bord du voilier Belém, et cinq autres par les forces au sol, qu'il s'agisse du système lourd BASSALT mis en œuvre par l'Armée de l'Air et de l'Espace, ou des fusils brouilleurs Watson et Wilson déployés par les forces de sécurité intérieure. Ces derniers ont donné lieu à quatre interpellations de télé-pilotes mais selon le général Olivier Poncet, en charge de la brigade aérienne de posture permanente de sûreté, « il n'y avait aucune malveillance » de leur part (comme c'est le cas dans la quasi-totalité des cas). Deux autres brouillages ont été réalisés le lendemain, sans interpellation.

Deux aéronefs civils contrôlés en infraction

Par contre, deux aéronefs civils ont été contrôlés en infraction de la zone interdite temporaire. Le premier, un néerlandais qui descendait sur l'Italie a été réorienté par le contrôle aérien et a repris sa route. Un PA-28 qui se rendait au Castellet a quant à lui été intercepté par un Rafale de la 30e escadre de chasse qui avait décollé d'Istres. Il s'est posé sur son terrain de destination. Cette activité soutenue fait figure de répétition avant les DPSA de l'été qui mobiliseront bien plus largement l'Armée de l'Air et de l'Espace, notamment en Normandie (durant trois jours de commémorations du 80e anniversaire du débarquement), pour la fête nationale le 14 juillet, puis évidemment, à l'occasion des JO. D'autres DPSA sont encore à l'étude pour les commémorations du débarquement de Provence (15 août) et de la libération de Paris (25 août).



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