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Défense
Comment l'Armée de Terre planche sur sa défense sol-air rapprochée
Comment l'Armée de Terre planche sur sa défense sol-air rapprochée
© Dillon

| Jean-Marc Tanguy

Comment l'Armée de Terre planche sur sa défense sol-air rapprochée

Côte d'Ivoire, Liban mais aussi Syrie et Irak : l'Armée de Terre a été directement prise à parti à très basse altitude par des menaces aériennes. Elle doit donc réagir.

La menace des mini-drones armés

Côte d’Ivoire, Liban mais aussi Syrie et Irak : l’Armée de Terre a été directement prise à parti à très basse altitude par des menaces aériennes contre lesquelles elle n’a pu lutter, faute de moyens. Dans le Donbass et plus récemment, en Arabie Saoudite, elle a aussi vu des armées très équipées prendre des coups très durs avec des menaces symétriques ou asymétriques. Elle doit donc réagir car ses moyens en dotation ne permettent plus d’assurer la défense à très basse altitude contre des objets compacts et potentiellement très destructeurs comme des mini-drones armés. Ces engins sont l’équivalent des IED (engins improvisés) qui ont piégé les routes à partir de 2003, avec des composants très sommaires. Une protection efficace serait déjà difficile contre une base fixe, et encore plus pour un convoi mobile, même s’il disposait de missiles anti-aériens, qui ne peuvent être tirés que depuis un trépied, et non à l’épaule.
 

Les TOP de Kongsberg

L’Armée de Terre, consciente du défaut de cuirasse, a lancé via sa section technique (STAT) une adaptation réactive mobilisant les tourelleaux télé-opérés (TOP) Kongsberg acquis durant la guerre d’Afghanistan, et implantés à l’avant droit des véhicules de l’avant blindé (VAB) déployés au Sahel. La STAT a demandé à la société norvégienne d’adapter la conduite de tir à la détection et la poursuite d’objectifs très petits comme des mini-drones et micro-drones. Couplés à des mitrailleuses de 12,7 mm et en partant du principe que la détection des ces cibles bien moins rapides qu’un jet ou un hélicoptère pourra être réalisée de façon précoce, le système peut ainsi être adapté relativement simplement et à moindre coût.
 

"Mini-guns" M134 gyrostabilisés

Cette première réponse, pratique, devrait, idéalement, enclencher une opération d’ensemble plus englobante qui mêle réponse de très court terme et à bas coût, et réponses de moyen terme plus complètes. Une des pistes, prometteuses, est d’utiliser des mini-guns M134 gyrostabilisés sur une conduite de tir. La version basique de la M134 est déjà en service dans les forces spéciales, sur Gazelle, au 4e RHFS, mais aussi sur les véhicules des unités commandos et sur une poignée de navires de la Marine. Evidemment, une des problématiques, et non des moindres, tient dans la détection, qui pourrait être réalisée par les radars Murin de Thales livrés l’an dernier au Sahel. L’autre point dur étant dans le concept d’emploi : car plusieurs centaines de cartouches de M134 pourrait avoir un impact très destructeur sur un aéronef ami qui passerait à portée. Une déconfliction préalable serait donc nécessaire, dans un délai qui serait, dans tous les cas de figure, particulièrement réduit.

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VEJUX | 10/06/2020 08:49

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