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Défense
Comment l'Armée de l'Air va plus loin avec la simulation civile
Comment l'Armée de l'Air va plus loin avec la simulation civile
© Jean-Marc Tanguy

| Jean-Marc Tanguy

Comment l'Armée de l'Air va plus loin avec la simulation civile

Simuler n'est pas jouer, comme l'a bien illustré une des perles montrées à la ministre des Armées, Florence Parly, lors de sa venue à Salon-de-Provence fin juillet.

Cabine de pilotage low cost

Les centres d’instruction, notamment le CIEH (centre d’instruction des équipages d’hélicoptères, à Orange) et le CIET (centre d’instruction des équipages de transport à Orléans) et les unités élémentaires se jettent dans le grand bain de la simulation distribuée et connectée issue des techniques civiles. Peut-être de quoi faire grincer quelques dents chez les fournisseurs attitrés. L’Armée de l’Air est historiquement ancrée dans la simulation, mais les progrès réalisés par le monde civil, surtout celui des joueurs en ligne, a ouvert de nouveaux shakras. C’est une petite cabine de pilotage low-cost mais profilée qui a été reconstituée par un fabricant canadien, que les Français ont vu fonctionner aux Pays-Bas. 

Un prototype testé au CEAM

Le centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) a transmis un prototype, testé par cet ancien pilote Fennec, désormais en poste avec deux autres collègues au CIEH. La décision d’achat a été prise en décembre dernier, à l’issue des premiers essais, dans le cadre du processus d’innovation HAPPI, interne à l’Armée de l’Air. Avantage, un réalisme fou attestent, en choeur, les pilotes que nous avons croisés, et la possibilité de connecter dans une base vidéo tous les utilisateurs équipés. Donc de dérouler des scénarios complexes, à base de COMAO (composite air operations), des formations mêlant plusieurs types d’appareils.
Les « navigants » sont immergés par un casque de réalité virtuelle qui rend l’ensemble particulièrement convaincant. 

Scénarios associant Mirage 2000C, Fennec, Atlas A400M, C-130

Assez rapidement, il sera donc ainsi possible de faire s’entraîner ensemble virtuellement des Mirage 2000C et Fennec d’Orange avec des Atlas et C-130 d’Orléans. Cela suscitera forcément des nouveaux modes d’action féconds, là où le nombre d’heure de vol réelles limite par nature à des scénarios pré-établis.
Les cockpits disponibles depuis la mi-juillet au CIEH d’Orange permettent de simuler le poste d’un Fennec, mais aussi la place arrière d’un tireur d’élite, d’un mitrailleur ou encore d’un treuilliste. Tout ou presque est paramétrable : le plan de communications radio, la force et la densité de l’ennemi. De quoi démultiplier l’activité, sans décoller une seule fois.

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