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Défense
Armée de l'Air : vers un retrait anticipé des Transall ?
Armée de l'Air : vers un retrait anticipé des Transall ?
© Jean-Marc Tanguy

| Jean-Marc Tanguy 444 mots

Armée de l'Air : vers un retrait anticipé des Transall ?

Face au vieillissement de sa flotte de Transall (désormais tous de la deuxième tranche, produits après 1981), l’Armée de l’Air et de l’Espace reconnaît « étudier » un retrait anticipé par rapport à la date de 2023, établie à l’origine.

Plus que neuf Transall C-160R en service

« Les Transall (C-160R) doivent rester en service jusqu’en 2023 et les C-160G Gabriel jusqu’en 2025. Toutefois, des réflexions sont menées dans un souci d’efficience qui pourrait conclure à un retrait des C-160R en 2022 », nous a confirmé le porte-parole de l’état-major de l'Armée de l'Air et de l'Espace, le colonel Stéphane Spet, le 9 juin. Tous les mots comptent dans cette expression de l'EMAAE qui ne s'était pas exprimé jusqu'à maintenant sur ce dossier complexe, opérationnellement mais aussi socialement. Il ne reste plus que neuf C-160R en service, pour les trois utilisateurs actuels : l’escadron de transport 3/61 Poitou, l’escadron électronique aéroporté 1/54 Dunkerque (qui s’en sert pour ravitailler ses deux Gabriel et pour des missions de transport) et enfin, le groupe aérien mixte 56 Vaucluse, qui opère au profit de service action de la DGSE.

Manque de ressources à la BAAP

L’indice d’un retrait anticipé est venu de l’Atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Clermont Ferrand, qui va interrompre dès cette année les opérations de maintien en conditions opérationnelles, qui occuperaient 90 personnels sur place. L’Armée de l’Air et de l'Espace devra donc utiliser le potentiel restant sur les appareils après les dernières visites techniques. Le potentiel risque donc d'être  veillé comme le lait sur le feu… dans un environnement d’entraînement et d’opérations où les vecteurs manquent déjà. La brigade aérienne d’appui et de projection (BAAP) va donc se retrouver confrontée à un manque de ressources, alors que le nombre (18) et le taux de disponibilité des Atlas (33 %, 6 appareils disponibles en moyenne) progresse lentement. Ils seront 25 en 2025. Un deuxième escadron, le 1/64 Béarn, doit être réactivé dans quelques semaines, à Orléans.

Lockheed Martin C-130J à la rescousse

L’Atlas, c’est aussi la piste d’évolution pour le Poitou, qui a déjà un équipage opérationnel sur Atlas. L’unité devra en avoir trois opérationnels à l’horizon 2023, mais n’aura qu’un droit de tirage sur le parc A400M, et pas d’appareil affecté. Son épine dorsale sera donc désormais le Lockheed Martin C-130H, mais la disponibilité de ce parc reste modeste. Le dernier chiffre évoqué par le cabinet de Florence Parly évoquait 16 %. C’est vraiment peu. Et avec un tel niveau, difficile de transformer des équipages Transall sur Hercules. Quant au C-130J, avec quatre appareils, difficile de faire des miracles, d’autant plus que le contrat de soutien ne permet pas, pour l’instant, de tirer la quintessence de la disponibilité de ces appareils. Il a même fallu recourir au contrat de soutien des C-130J allemands. En 2022, les appareils français (4) et allemands (6) doivent être opérés ensemble au sein d’un escadron franco-allemand, dont les hangars sortent de terre, à Evreux.

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Le GUENNEC | 11/06/2021 21:02

Bon article Cohérence des décisions

Le GUENNEC | 11/06/2021 21:02

Bon article Cohérence des décisions

Le GUENNEC | 11/06/2021 21:02

Bon article Cohérence des décisions

Le GUENNEC | 11/06/2021 21:02

Bon article Cohérence des décisions

le mayec | 12/06/2021 10:16

un vrai desastre du point de vue tactique et strategique

Garbay | 12/06/2021 20:54

vous produisez des articles de haut niveau bravo

jipé | 12/06/2021 21:32

on devrait faire une nouvelle fournée de C160, avec une modernisation, on l'a déjà fait une fois, c'est un avion rustique et endurant, ca éviterait de commander des C130 américains.

Julien | 12/06/2021 21:50

Les allemands n'ont pas encore reçu les J .... difficile de s’appuyer sur un contrat de soutien signe il y a quelques semaines et dont les prestations n'ont pas débuté

CHARLES FALCON | 13/06/2021 00:07

Mais à quoi bon conserver de vieux C130H toujours en panne ? Ca parait en effet franchement grotesque. Ne pourrait-on pas les remplacer pour partie par des 130 J neufs et pour partie par des C130 J d'occasion récents, ou loués aux US?

Jean François DUPONt | 13/06/2021 16:42

Je ne comprends pas très bien l'étonnement du rédacteur - S'agissant d'appareils destinés à un retrait à brève échéance, il est normal de démanteler le service entretien-réparation (plus de C check - plus de chantiers de mise à niveau ) : on vit avec d'une part le potentiel restant des appareils et de l'autre le stock de pièces pour des échanges standards. S'agissant de l'usage actuel des appareils et de leur remplacement, il n'y a de question que pour le GAM 56 et la réponse ne peut être que le C130J - si il n'y en a pas assez (4), il faudra en acheter d'autres.

Emmanuel GOUJON | 14/06/2021 18:28

ll serait de bon ton de lancer rapidement un programme visant à combler le déficit capacitaire laisser par le retrait anticipé des derniers Transall (bien mérité) et la disponibilité des Hercules et Atlas. Surtout que les Casa CN235 et CN-295 seront également bientôt à remplacer surtout pour concernant les CN235. La réponse viendrait-elle d'un A200M....

Max | 15/06/2021 03:42

Avec cette masse insuffisante et une MCO peu performante e n'est pas demain que l'on aura un gunship .FR !

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