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Défense
Airbus : son drone SMDM qualifié par la DGA
Airbus : son drone SMDM qualifié par la DGA
© Jean-Marc Tanguy

| Jean-Marc Tanguy 429 mots

Airbus : son drone SMDM qualifié par la DGA

Le drone SMDM (système de minidrone marine) est qualifié par la DGA depuis le 19 juillet dernier. Cette décision formelle, qui semble avoir pris beaucoup de temps, ouvre la voie à une première capacité opérationnelle du SMDM de Surveycopter, filiale d’Airbus.

Plusieurs patrouilleurs de haute mer prêts à employer le drone Airbus

Plusieurs patrouilleurs de haute mer (PHM) ont déjà la capacité d’emploi avec de quoi le lancer (catapultes), le recueillir (filet tendu en travers par deux pylônes télescopiques sur la plage arrière), un local transformé pour accueillir les deux stations (deux PC portables durcis), sur l’arrière de la structure, anciennement un local de lancement des torpilles. Les télépilotes sont formés au sein de l’équipage désormais, prenant la suite des experts du CEPA 10S de Hyères. La DGA a donc acté ainsi le déploiement du SMDM de Surveycopter, filiale d'Airbus, en Méditerranée, à la fin du printemps, à bord du Commandant Bouan.

Le plan Mercator prévoyait un total de 900 drones

C’est un moment critique puisque la Marine cherche à monter maintenant en gamme sur les drones aériens. Elle en exploiterait 200 (du Black Hornet volant 25 minutes au S100V2 volant 5 heures), c’est beaucoup comparé à une époque pas si ancienne. Mais très loin des 900 que l’amiral Prazuck, précédent chef d’état-major de la marine, ambitionnait de mettre en service dans le cadre du plan Mercator. C’est aussi un moment critique pour le drone Aliaca/SMDM : le marché français, accéléré par le plan de relance Covid (qui a réglé la facture) ne suffira pas vraiment à occuper Surveycopter très longtemps (6 systèmes livrés, il en reste 5 à livrer d’ici la fin de l’année), il faut donc des relais de croissance avec l’export. 

Doubler l'autonomie du drone Aliaca

Or, sans la bénédiction des opérationnels français, difficile de pouvoir bénéficier du critère « combat proven » si essentiel aux équipements de défense. La qualification est aussi la porte ouverte à la mise en œuvre depuis d’autres plateformes, que sont les patrouilleurs outremer (le premier est attendu dans l’océan Pacifique en janvier prochain), puis les patrouilleurs de services public, les patrouilleurs océaniques et enfin, les frégates La Fayette. Cette décision de la DGA et ce qui en découle pourra aussi accélérer le développement d’une version thermique, pour, possiblement, doubler l’autonomie du drone (de 3 à 6 heures), ce point restant encore un de ses points faibles, comparé à des produits américains (Scan Eagle) mais aussi français, comme la famille de la PME d’EOS Technologies, aussi moins coûteuse.

Drone à propulsion hydrogène aux essais

L’Ecole de l’Air et de l'Espace a aussi développé avec le CEA un drone fonctionnant à l’hydrogène. Les débuts sont extrêmement prometteurs, et, au fil des vols, l’appareil testé depuis plusieurs semaines dans le sud de la France pourrait bien tailler des croupières aux drones mûs aux énergies de l’ancien monde.


Répondre à () :

| 02/08/2022 10:48

jmarc G./// Cher M.Xavier.Tytelman, bravo pour votre intervention sur LCI hier 01/08/2022, très bonne synthèse. Je n'ai pas trouvé un autre canal pour vous le dire. Un jour allez-vous diriger Air et Cosmos ?? Ou le racheter....??

| 02/08/2022 12:21

Depuis que Dassault s’est révélé être incapable de mettre au point le Neuron sans l’aide des grandes entreprises Européennes, la France ne peut plus compter que sur Airbus et ses filiales pour tenir un petit rôle dans le domaine des drones. L’absence de cerveaux et de moyens financiers posent un problème insoluble.

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