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Aviation Civile
Air Canada au secours du CSeries et de Bombardier
Air Canada au secours du CSeries et de Bombardier
© Bombardier

| Léo Barnier

Air Canada au secours du CSeries et de Bombardier

Jusqu'ici on aurait pu penser que CSeries n'était pas prophète en son pays. Surtout après l'échec de la transaction avec Porter Airlines. Un paradigme que l'avion régional canadien est sur le point de renverser. Bombardier vient en effet de signer, le 17 février, une lettre d'intention (LoI) pour 45 appareils avec la compagnie nationale  : Air Canada. Si cette signature débouche sur véritable contrat, il s'agira d'une excellente nouvelle pour le CSeries qui peine toujours à engranger des commandes fermes malgré sa certification fin 2015. Ce sera aussi un appel d'air pour Bombardier qui vient d'annoncer des résultats 2014 dans le rouge et 7 000 licenciements.

Air Canada a choisi le CSeries dans sa version allongée CS300, à raison de 45 exemplaires. Si la commande est confirmée, elle pourrait atteindre 3,8  Md$ selon les prix catalogue. La compagnie canadienne a également pris des options pour 30 avions supplémentaires. Il s'agira a priori de CS300, mais Air Canada dispose de droits pour les convertir en CS100.

C'est la première intention d'achat depuis quasiment un an et une LoI signée avec la compagnie malaisienne flymojo. Elle porte à 435 le nombre d'engagements pour le CSeries. Pour autant, le carnet de commandes de l'avion culmine toujours à 243 avions fermes. Un compteur bloqué depuis septembre 2014.

Calin Rovinescu, P-DG d'Air Canada, a fait part de son intention d'exploiter ses futurs CS300 sur des «  grandes lignes  » avec des destinations internationales. «  Avec son excellente autonomie d’avions de grandes lignes, ses caractéristiques économiques exceptionnelles et une capacité passagers accrue, l’avion CS300 construit au Canada nous permettra de faire face à la concurrence plus efficacement, en assurant plus de services directs sur les marchés intérieurs et, au-delà, sur les marchés transfrontaliers, tout en assurant un trafic d’apport à notre réseau  », a-t-il ainsi déclaré. C'est une première pour le CSeries en Amérique du Nord, où les clients existants comptent l'utiliser sur des lignes régionales.

Au-delà du CSeries, c'est tout Bombardier qui respire un peu mieux. Plus tôt dans la journée, la maison-mère du constructeur canadien a annoncé un chiffre d'affaires de 18,17 Md$, en chute de 10  %. Sa marge, déjà négative, s'est quant à elle écroulée de 24 points pour une perte opérationnelle (Ebit) de 4,84  Md$. Son résultat net, bien que divisé par deux, reste positif à 326 M$. L'aviation d'affaires (-1,25 Md$ d'Ebit) et l'aviation commerciale (-3,97 Md$) sont les principaux secteurs de pertes.

Bombardier a donc annoncé le licenciement de 7 000 personnes  : 500 dans l'aviation d'affaires, 2500 dans la branche Aérostructures et service d'ingénierie, 800 dans l'Ingénierie et développement de produits aéronautiques et 3200 pour la filiale Transport (activité ferroviaire). Seule l'aviation commerciale est épargnée, sûrement pour assurer coûte que coûte le développement du CSeries.

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