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Défense
6 mars 1987 : les Sea King belges au coeur des opérations de sauvetage du Herald of Free Enterprise
6 mars 1987 : les Sea King belges au coeur des opérations de sauvetage du Herald of Free Enterprise
© Composante air

| Gaétan Powis 558 mots

6 mars 1987 : les Sea King belges au coeur des opérations de sauvetage du Herald of Free Enterprise

Le 6 mars 1987, le Herald of Free Enterprise s’échoue à la sortie du port belge de Zeebruge et se couche sur le flanc, emprisonnant les passagers dans une eau glacée. Durant cette catastrophe, les Westland Sea King de la Force aérienne belge et leurs équipages joueront un rôle clé dans les opérations de secours.

Une catastrophe maritime

Le 6 mars 1987, le ferry Herald of Free Enterprise allait effectuer un trajet entre le port de Zeebruges et Douvres au Royaume-Uni. Alors qu'il sort du port, l’eau commence à s’engouffrer dans le bateau, entrainant une gite incontrôlable. En moins de 90 secondes, le bateau n’a plus d’électricité, s’est échoué sur un banc de sable et s’est couché sur le flanc. Le positionnement du navire empêche alors toute évacuation des passagers qui se retrouvent dans une eau glacée.

Le sauvetage

A 18h30, deux minutes après le naufrage, un premier navire rejoint l’épave. Le port de Zeebruges est alors mis au courant de la situation. En dix minutes, les différentes autorités sont alertées et plusieurs navires civils commencent les opérations de sauvetage. Des navires de guerre des mines belges, hollandais et anglais alors en exercice en mer du Nord arrêtent leurs manœuvres et sont déroutés sur la zone. L’arrivée de tous ces navires n’est cependant pas suffisante : l’eau est glaciale à cette époque et il faut très rapidement sortir les 573 passagers de l’eau. Le facteur temps n’est donc pas du côté des secouristes car les cas d’hypothermie lourde vont très vite augmenter, demandant alors à ces blessés d’être admis rapidement dans des centres hospitaliers. A cette fin, un axe routier régional important est alors fermé à la circulation pour permettre aux ambulances de circuler très facilement mais le trajet s'avère trop long pour les blessés lourds.

Toutefois, la solution viendra des airs : moins de quarante minutes après le naufrage, le Sea King belge d’alerte dépose le premier plongeur-secouriste sur l’épave du navire. Il est très rapidement suivi par les deux autres Sea King disponibles de la Force aérienne belge. Ils seront rejoints par d’autres Sea King de la RAF mais ces derniers doivent traverser la Manche et seront donc moins efficaces. Les personnes en hypothermie sont ainsi héliportées vers les hôpitaux de la côte sans délai.

Sur les lieux du naufrage, un Sea King hélitreuille directement les blessés de l'épave.
Sur les lieux du naufrage, un Sea King hélitreuille directement les blessés de l'épave. © BBC News
Sur les lieux du naufrage, un Sea King hélitreuille directement les blessés de l'épave.

Les Sea King belges au centre de l'attention

Le lendemain de la catastrophe, il est désormais impossible de retrouver des survivants et les opérations de sauvetage sont arrêtées. Le naufrage est suivi mondialement : 193 personnes décèderont alors que les lignes commerciales dans la région sont réputées comme très sûrs.

La Première Ministre anglaise, Margaret Thatcher insiste sur la réaction très efficace des autorités impliquées mais a également reconnu l'efficacité des Sea King belges. A sa demande, elle a justement effectué le trajet entre le Royaume-Uni et la Belgique à bord d'un Sea King belge.

Un rapport d’enquête sera publié en 1987 et démontre le rôle clé joué par les Sea King belges dans les opérations de sauvetage : ils permirent d'héliporter des personnels qualifiés sur zone tout en récupérant les blessés graves pour les évacuer vers les hôpitaux de la côte. 

Le rapport explique aussi les causes du drame : la compagnie Townsend Thoresen cherchait à redynamiser la ligne. A bord, les ballasts avants sont remplis afin de pouvoir charger les voitures plus facilement. Cependant, pressé par la compagnie qui veut réduire les coûts, le navire sort du port sans que l'équipage ne vérifie le bâtiment dont les ballasts avants sont remplis... avec les portes avants totalement ouvertes. A peine sorti du port, le bateaux se remplit donc d'eau et s'échoue rapidement sur le banc de sable du chenal de sortie du port avant de se coucher sur le flanc.

Un Sea King belge hélitreuille du personnel sur l'épave du bateau alors que le navire a été remis à flot longtemps après la tragédie. Jusqu'à leur remplacement par le NH-90 en 2019, les Sea King belges auront sauvé 1757 vies.
Un Sea King belge hélitreuille du personnel sur l'épave du bateau alors que le navire a été remis à flot après la tragédie. Entre 1976 et jusqu'à leur remplacement par le NH-90 en 2019, les Sea King belges auront sauvé 1757 vies. © Composante air
Un Sea King belge hélitreuille du personnel sur l'épave du bateau alors que le navire a été remis à flot longtemps après la tragédie. Jusqu'à leur remplacement par le NH-90 en 2019, les Sea King belges auront sauvé 1757 vies.

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