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Aviation Civile
Tribune "Le PDG de la SNCF en roue libre"
Tribune "Le PDG de la SNCF en roue libre"
© Sabrina d'Audigier

Tribune "Le PDG de la SNCF en roue libre"

Rejeter sur les autres les causes de ses propres difficultés sonne souvent comme un aveu de faiblesse et une incapacité à les contourner. En pointant le transport aérien du doigt devant l’Assemblée et en lui reprochant une taxation trop faible de ses activités, notamment concernant le kérosène, M. Farandou, le PDG de la SNCF semble s’être engagé sur un terrain quelque peu glissant.

Rejeter sur les autres les causes de ses propres difficultés sonne souvent  comme un aveu de faiblesse

Rejeter sur les autres les causes de ses propres difficultés sonne souvent  comme un aveu de faiblesse et une incapacité à les contourner. En pointant le transport aérien du doigt devant l’Assemblée et en lui reprochant une taxation trop faible de ses activités, notamment concernant le kérosène, M. Farandou, le PDG de la SNCF semble s’être engagé sur un terrain quelque peu glissant.

Prétendre  que « ce n'est pas le train qui est cher mais l'avion qui ne l'est pas assez » prouve, outre l’inélégance du procédé,  un manque évident de connaissance, tant des règles du marché que de la loi de l'offre et de la demande.

On peut rappeler à M.Farandou que la société qu’il dirige bénéficie toujours d’un état  de quasi-monopole. Cela  lui permet encore aujourd’hui de définir un prix sans se soucier vraiment de ses concurrents ou du service rendu. C’est là un privilège  qui n’existe plus  depuis bien longtemps dans l’aérien où compagnies traditionnelles et Low-cost s’affrontent à l’échelle Européenne dans un marché hyper concurrentiel. Toutes, s’adaptent à leur environnement fait de contraintes grandissantes. Prix du pétrole, pression environnementaliste, sureté, sécurité, réglementations…  pèsent  au quotidien sur les activités  et compagnies aériennes.   Elles souffrent autant si ce n’est plus que la SNCF de la crise du Covid, notamment parce que la diversité des restrictions sanitaires imposées entre états,  affecte bien plus les déplacements internationaux que les déplacements intra-hexagone. En tout état de cause, si les acteurs du secteur peuvent parfois se plaindre des lourdeurs avec lesquelles ils doivent composer, ils ne recherchent pas pour autant un bouc-émissaire.

Le transport aérien permet de voyager pour un prix abordable

Contrairement à la SNCF dont l’état actuel n’est pas sans rappeler celui de la compagnie Air-Inter juste avant  l’ouverture à la concurrence des lignes intérieures françaises (souvenez-vous Air Liberté et les autres), c’est bien le transport aérien qui permet aujourd’hui à une large frange de population de voyager pour un prix abordable de manière sûre, rapide et confortable.

Face à de tels propos, Augustin de Romanet PDG du groupe ADP appelle à la retenue ainsi qu’à balayer devant sa porte lorsqu’il déclare : « Je pense qu'il faut que le train se développe et jamais vous ne me verrez questionner l'artificialisation liée aux voies de chemins de fer, le glyphosate utilisé par les personnes qui entretiennent les voies de chemin de fer, jamais vous ne me verrez questionner les subventions que reçoit le domaine ferroviaire, jamais"

La FNAM de son côté a rappelé la part des taxes pouvant s’élever à 53% du prix payé par le passager sur son billet d’avion et mis en avant un rapport de la Commission Européenne datant de 2019, lequel soulignait que « le transport aérien est en réalité le mode de transport le moins coûteux pour la collectivité en termes d’infrastructures et d’externalités ».

Le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari,  est lui-même monté au créneau pour faire part au PDG de la SNCF de son étonnement quant  à sa  « position anti-avion alors que l'État n'a jamais autant investi dans le ferroviaire ». Preuve s’il en est que ce dernier est sans doute allé trop loin.

Monsieur Farandou, dont l’entreprise surfe sans vergogne  et de manière assez abusive (et erronée) sur les avantages écologiques que le train serait supposé procurer par rapport à l’avion,  a donc finalement été fort justement payé en retour par une volée de bois vert. Il n’en  était pourtant  pas à son coup d’essai.

Les dérapages répétés du ferroviaire

En effet, ses récentes affirmations  télévisuelles, dans le contexte sanitaire anxiogène qu’on connait,  avaient déjà suscité de nombreuses réactions et éveillé quelques soupçons de mauvaise foi.  Il affirmait alors que le système de renouvellement de l’air des cabines des avions était moins sûr que celui de ses trains, car selon lui, les avions ne peuvent pas renouveler l’air intérieur. Ce qui est factuellement faux puisqu’il y est en réalité totalement renouvelé toutes les 2 à 3 minutes, (contre 9 minutes au mieux dans les TGV). Plus encore, un flux exclusivement vertical de la circulation de l’air en cabine, couplé à des filtres hautes performances de type HEPA (très rares dans les trains) assurent aux passagers aériens une protection équivalente à celle que l’on retrouve par exemple dans une salle blanche d’hôpital.

De même à l’automne  2020, lorsqu’il était interrogé sur  la réflexion tarifaire à mener concernant le prix des billets de TGV, M.Farandou avait honnêtement déclaré « qu’il n’avait pas les réponses », ajoutant toutefois  que « le moment était peut être venu de revisiter en profondeur la logique du yield management ».

Outil  de gestion commerciale d’adaptation de l’offre à la demande apparu chez Delta en 1984, puis utilisé dans de nombreux secteurs par la suite (transports, hôtellerie, locations etc)  il permet de réaliser une optimisation des tarifs pour mieux remplir les avions (entre autres) depuis 35 ans.  (Une moyenne pour l’avion de 82% en 2019 contre environ 66% pour les TGV).

Manifestement l’attitude qui consiste à accabler le transport aérien de la responsabilité des errements de sa propre entreprise ne fait pas l’unanimité. Au mieux, pourrions qualifier ses propos de tentative de diversion maladroite,  à  l’heure même où une région, Les Hauts de France, décide de suspendre les paiements à son entreprise tant la qualité des services qu’elle offre s’est dégradée. Voilà  qui interroge aussi sur sa vision très particulière de la complémentarité des transports, pourtant indispensable.  A défaut cela nous montre également qu’il n’y a pas  que les locomotives qui patinent actuellement.

 

Emmanuel Courtaud  pour le Collectif de Promotion de L’Aérien (CPA)


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Estournet Franck | 07/12/2021 14:02

Cette mauvaise foi si elle n était que sur la question sanitaire ,il y a pire , la mauvaise foi sur la question sécuritaire pour une entreprise de transport de service public . La sécurité des circulations ferroviaires et l humains dans cette entreprise font froid dans le dos. Cordialement.

Gérard LAFORET | 09/12/2021 12:06

Ce débat est un peu hors sol dans la mesure où le transport ferroviaire n'est pas vraiment un concurrent à l'aérien pour des liaisons grandes distances de plusieurs milliers de KM. Il faut cependant noter que l'aérien ne supporte aucune taxe sur l'énergie utilisée contrairement au train qui subit des taxes (au minimum la TVA) sur les énergies qu'il consomme. De plus à l'international aucune TVA sur les billets d'avion au contraire du ferroviaire. Quant aux taxes d'aéroport elles servent à financer les services au sol indispensables ce qui est bien le moins. En revanche les infrastructures aéroportuaires sont très largement financées par l'argent des contribuables et, pire encore, des lignes aériennes vers l'étranger (hors territoire national et outre mer) qui n'ont rien d'un service public, sont encore de nos jours soutenues financièrement par de l'argent public. Dans ces conditions, le pdt Farandou a eu raison de dire ce qu'il a dit surtout si l'on parle du TGV qui ne reçoit aucune subvention publique et doit même payer une partie importante de l'infrastructure via les péages qui se répercutent sur le prix des billets. Quant au ministre, pilote lui même et fervent partisan de l'aérien, il est particulièrement mal placé pour donner des leçons au président de la SNCF. Cela étant , comme je le disais plus haut, le vrai concurrent du ferroviaire n'est pas l'aérien mais le mode routier pour le fret et les voyageurs et les transports du quotidien des français. Une voie ferrée a une emprise plus faible qu'une autoroute et génère beaucoup moins de pollution en fonctionnement. Par ailleurs, l'essentiel du réseau ferré est construit depuis longtemps et les lignes TGV déjà construites plus les quelques centaines de KM restant à réaliser ne sont pas grand chose face au kilométrage d'autoroutes sillonnant la France. L'enjeu dans le contexte du changement climatique est donc bien le report modal de la route vers le ferroviaire et non une utopique concurrence entre l'avion et le ferroviaire.

Delorme | 07/12/2021 14:30

Je pense que la non taxation du kérosène est une vraie question. Le chemin de fer est un vrai service public : mon épouse prend le train chaque week-end, dans une ville de 3000 habitants pour aller travailler 180 km plus loin dans une ville de même taille. Aller de Lyon à Barcelone pour 19 € comme on peut le faire me laisse dubitatif. Je reste persuadé que le train est infiniment plus sobre en énergie que l’avion et plus confortable. L’avion pour aller loin (et pas trop souvent) très bien.

Cyril | 08/12/2021 20:23

Le souci c'est que nous sommes devenu monomaniaque de l'écologie. Apparemment écologie correspond uniquement carbonne pour les gens. Mais l'écologie c'est aussi destruction de milieu naturel, bruit etc.... Le bilan du train en prend alors un sacré coup. En effet, une ligne de chemin de fer paris Montpellier, c'est du bruit sur des 100ene de km, de la pollution visuelle sur des 100ene de km, des écosystèmes bouleversés, des animaux et des habitants déplacés, des espèces végétales arrachés, des gens expoprié (je l'ai été sur des terres appartenant à mes grands parents), des déversoir anticrue coupé générant des inondations à des endroits non inondable. Alors oui, dans le monde actuel où écologie correspond uniquement à carbone le train est une merveille mais dans un monde où écologie a la définition que la langue française fixe le train est très très loin d'être un bon élève.

Informix | 09/12/2021 07:02

Ancien gros voyageur, je ne suis pas d’accord avec vous. Le train est devenu stressant et inconfortable ses dernières années, parfois en singeant l’avion paradoxalement : retards, correspondances non garanties, difficultés à changer son billet, portiques mal fichu, incitation abusive à arriver très en avance, manque de communication, tarification incompréhensible, fausse réductions. Tous ce qui faisait la praticite du train a disparu. L’avion en revanche est remarquablement simplifié et très fiable malgré la météo. Pour tous dire, je suis passé de pro train à pro avion. Mon père a 77ans et il est reste 3h dans le froid à attendre qu’on s’occupe de lui dans une gare parisienne suite à une énieme problème. Maintenant je le met dans l’avion autant que possible et je suis tellement plus tranquille. L’histoire des billets a 10 euros est annedoctique et le train fait pareil avec ses OUIGOs. Reste l’argument écologique. Moi j’achète les compensations en attendant : Mais si l’avion réussi son pari de basculer sur des carburants verts, il aura pour lui sa faible empreinte au sol et Il ne se prend pas des biches dans les roues tout les 4 matins. Sa dépendra alors de la géographie parcourue.

Hellec | 07/12/2021 15:26

Si mauvaise foi il y a, c'est bien du côté de l'aviation. Le débat écologique opposant l'aviation et le ferroviaire n'a pas lieu d'être, tellement que la différence de force se situe à des années lumière. J'aime l'aviation, mais force est de constater qu'ecologiquement, ce monde n'a aucun commentaire à faire. Ensuite la SNCF n'a plus de mission de service publique depuis un bon moment, mais lui retirer le monopole est, à mon avis, une très bonne idée, comme diraient certains, cela mettra un bon coup de pied dans la fourmilière. De plus le glyphosate n'est plus autorisé depuis au mois 3 ans dans les emprises ferroviaires.

Philippe | 08/12/2021 15:45

Monsieur Hellec, vous parlez de mauvaise foi venant de l'aérien et vous assénez avec grande fermeté, je cite, "le glyphosate n'est plus autorisé depuis au mois 3 ans dans les emprises ferroviaires". Je vous conseille donc de lire le dernier rapport d'activité responsable de SNCF-réseau, paru le 1er Octobre 2021, c'est-à-dire pas il y a trois ans ou plus. Je vous conseille d'y faire une recherche sur le mot Glyphosate et vous y lirez que, entre autres que, je cite encore: "Anticipant l’interdiction d’utilisation du glyphosate qui sera effective fin 2021....", c'est-à-dire qu'elle n'est pas encore effective. Peut-être pas de la mauvaise foi de votre part, mais certainement un preuve manifeste d'ultracrépidarianisme.... Enfin, je vous laiisse rechercher l'impact environnemental et sanitaire des produits de remplacement, qui plus est moins efficaces et dont il faudra en disperser beaucoup plus. On en parle de l'artificialisation des sols?

Boisdinger | 07/12/2021 18:33

N'OUBLIONS PAS que la SNCF a mis des wagons type G4 à la dispositions des NAZIS en 1941 pour le transport Des JUIFS vers AUSCHWITZ. On peut ENCORE voir aujourd'hui à BIRKENAU 2 wagons de la sncf sur la Judenrampe. A genoux President FARANDOU ET IMPLORER le PARDON des JUIFS

Boisdinger | 07/12/2021 18:34

N'OUBLIONS PAS que la SNCF a mis des wagons type G4 à la dispositions des NAZIS en 1941 pour le transport Des JUIFS vers AUSCHWITZ. On peut ENCORE voir aujourd'hui à BIRKENAU 2 wagons de la sncf sur la Judenrampe. A genoux President FARANDOU ET IMPLORER le PARDON des JUIFS

Le Gloan | 07/12/2021 22:54

Quel rapport avec le sujet ? Vous répétes la même phrase quelque soit le sujet ?

Filou | 08/12/2021 21:45

Franchement, vous n’avez pas trouvé autres choses comme arguments. Mr Farandou est né en 57, alors, ne vous attaquez pas bêtement à une personne qui n’a rien à voir avec l’époque qui citez. A un moment il faut savoir garder raison. A bonne entendeur

Larbitre | 08/12/2021 02:18

L'ouverture à la concurrence est une bonne chose. Sncf transporteur va souffrir Mais Sncf gestionnaire de l'infrastructure et exploitant garde la main mise sur les sillons et lz gestion de circulation des trains. Il y aura des délits d'entrave à répétition... C'est l'héritage du CNR ...on n'en sort pas!

Baumert | 08/12/2021 13:11

Eh!! Oui toute ces compagnies aériennes qui fraudent les impôts , l'URSSAF ,etc...et la SNCF qui continue de les respecter pour le bien public. C'est bien de la concurrence déloyale....

Stéphane | 08/12/2021 13:41

L'ouverture à la concurrence est un miroir aux alouettes et une stupidité sans nom. La SNCF est loin d’être parfaite mais ceux sont les décisions politiques qui ont plombé son évolution... et tué le fret...

Celchu | 08/12/2021 08:02

On sent bien « l’article » (non, ça n’a rien de journalistique. C’est comme un avion en vol, ça repose sur de l’air…) écrit sous le coup de l’émotion et de la colère (il manque même des mots…). Mais que ça plaise ou pas, l’avion pollue plus, est bien moins sécuritaire (même si un haut niveau de sécurité existe dans l’aviation) et bien plus contraignant que le train en matière de flexibilité tarifaire. Quant aux « subventions » de l’Etat, elles sont inexistantes ! Les Régions sont autorités organisatrices des transports et à ce titre, versent une somme annuelle en vertu d’un contrat définissant le nombre de trains, leurs horaires,les arrêts prévus, etc. Si ce contrat n’est pas respecté, il y a des pénalités à verser (logique). Ce n’est donc pas de la subvention mais bel et bien de l’argent versé pour l’exécution d’un service. Je n’attendais rien de plus de la part d’une personne devant faire de la promotion pour l’aérien mais c’est du même acabit que les pseudo spécialistes de la vaccination sur les réseaux sociaux.

Emmanuel Courtaud | 08/12/2021 13:43

Votre analyse est le postulat de départ que vous posez "que ça plaise ou pas, l'avion pollue plus" sont intéressants. Cela ne laisse pas présager néanmoins la bonne foi dont vous semblez précisément reprocher l'absence dans mes propos. Je vous invite à revoir les statistiques d'accidentologie par mode de transport. Vous verrez qu'il n'y a pas besoin d'être un spécialiste pour les comprendre. Pour ce qui est de l'interprétation que vous faites des sommes versées par les collectivités à la SNCF, cela interroge aussi quelque peu. Libre à vous de penser que le ferroviaire n'est pas subventionné mais je ne suis pas certain que cela parvienne à convaincre grand monde. Chacun jugera. Pour finir; j'ajouterais qu'il n'est fort heureusement pas utile d'être un spécialiste pour dénoncer certaines dérives. De surcroit lorsqu'elles deviennent aussi remarquables que le nez au milieu de la figure. Cdlt

DUHAGON | 08/12/2021 21:23

bonsoir, je trouve votre jugement un peu expéditif ... je vous invite à consulter ce rapport de la Cour des Comptes qui relativise pas mal de point sur un train "écologique" ainsi qu'une analyse qui en a été faite et quelques éléments complémentaires. Le rapport de la Cour des Comptes... c'est ici: https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-grande-vitesse-ferroviaire-un-modele-porte-au-dela-de-sa-pertinence?fbclid=IwAR0bTE2i7k5GdB57V9c2oH7NFy0usgXySPQlrJAXgDjZX9lvHl3dp6dCJT8 et une analyse de ce rapport: https://www.lemondedelenergie.com/tgv-bilan-environnemental-en-demi-teinte-pour-la-cour-des-comptes/2014/10/27/?fbclid=IwAR0dYGKD1oIq_MGrcwiDib53GlhvoMWs4B8zJ6xAnTxm2KfvUCBWocx4OJ8 2) le rapport grand public du Haut Conseil pour le Climat: l'aérien en France: 1,24% des émissions de CO2 (page 13) C'est ici: https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2021/06/HCC_rapport-annuel_0821.pdf?fbclid=IwAR2h5MDpcUygde1lWinaCXDDJoYOYubCWbdCi8gXA2BJYjfeXoTzGED14tQ Ces 2 modes de transport sont complémentaires... Rien n'est aussi simple que vous semblez le croire... "Pour chaque problème complexe, il y a une réponse claire, simple et fausse. » Henri Louis Mencken (1880-1956) Bonne lecture

Maverick007 | 08/12/2021 13:44

La vraie question: pourquoi confronter avion et train ? Alors que tous deux peuvent être complémentaires. En revanche, je ne rejoins pas l'article qui attaque la SNCF par les subventions et le manque de concurrence. A partir de décembre 2021, la SNCF (compagnie ferroviaire) sera concurrencée par son homologue italien. Et tous ses homologues guettent son marché. Concernant les subventions, on rappellera qu'à moins d'assurer une liaison déficitaire ou régionale, les liaisons TGV sont assurés en open access. Le seul moyen de baisser le prix des billets n'est pas simplement de faire concurrence: il faut d'une part que les concurrents ne soient pas plus chers, et d'autre part, que davantage de trains soient assurés (péage pour financement). La "dette" n'a aucun impact sur les prix du billet ni sur le personnel. Nul doute que l'avion a autant d'intérêt que le train, mais ne nous comparons pas en dénigrant l'autre, car gare aux approximations... On pourrait très bien, pour dénigrer l'aviation, parler des subventions versés aux compagnies pour desservir certains aéroports...

Emmanuel Courtaud | 08/12/2021 14:22

Vous avez parfaitement raison, il ne faut pas opposer le train et l'avion. Pour reprendre la remarque d'Augustin de Romanet (ADP), fort à propos dans cette affaire : "que chacun balaie devant sa porte". En l'occurrence, peut être faudrait -il rappeler que ce n'est pas un acteur de l'aérien qui a ouvert les hostilités mais bien M.Farandou, PDG d'une entreprise qui, ne se satisfaisant plus d'avoir fait de l'aéro-bashing un pilier de sa communication, vient directement tenter d'influencer le législateur en débinant son copain. N'inversons pas les rôles.

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