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Défense
Les ailes françaises à l'Est : Rafale, Mirage et C-160G
Les ailes françaises à l'Est : Rafale, Mirage et C-160G
© France in NATO

| Gaétan Powis 515 mots

Les ailes françaises à l'Est : Rafale, Mirage et C-160G

Dès les premières heures de la guerre en Ukraine, l'OTAN a décidé de renforcer ses capacités sur son flanc Est et notamment sur les capacités aériennes. L'Armée de l'Air et de l'Espace a ainsi projeté plusieurs patrouilles de combat sur la Pologne mais également des avions de reconnaissances afin de recueillir des renseignements sur les différents mouvements de troupes russes.

Un renforcement des différentes capacités

Depuis le début du conflit en Ukraine, les différents membres de l'Alliance Atlantique se sont accordés pour renforcer les différentes capacités sur le flanc Est de l'OTAN :

  • déploiement en Pologne de troupes blindées et aéroportées américaines
  • renforcement des capacités terrestres dans les états baltes
  • déploiement en Roumanie de la NATO Response Force (France-Belgique)
  • augmentation des patrouilles d'avions à l'Est

Cette dernière mesure est assez importante car aujourd'hui, le nombre d'appareils pré-positionnés est impressionnant. Rien que pour les États baltes, au moins une vingtaine d'avions de combats sont en alerte permanente. La Pologne est aussi un bon exemple avec le déploiement d'avions américains mais aussi de patrouilles aériennes projetées depuis d'autres pays.

Les ailes françaises durant cette crise

Patrouille d'avions de combat à l'Est

L'Armée de l'air et de l'Espace effectue plusieurs patrouilles de combat depuis la France. Les Rafale sont alors ravitaillés au-dessus de la Pologne afin d'effectuer des missions de police du ciel. Ces avions ne sont bien évidemment pas visible sur les différents sites de surveillance en sources ouvertes mais le balais incessant d'avions ravitailleurs et les quelques images fournies par l'AAE permettent de confirmer que de nombreux chasseurs patroui

Un Mirage 2000-D a d'ailleurs été projeté récemment vers la frontière Est de l'OTAN. Aucune information spécifique n'a été donnée sur cette mission mais il possible que cet avion effectuait un vol de reconnaissance via le pod ASTAC.

De plus, depuis le 1er avril, quatre Mirage 2000-5 ont remplacé les quatre F-16A Belges présents en Estonie dans le cadre de la Baltic Air Policing. D'ailleurs, les avions belges sont restés sur la base : normalement, après quelques mois, quatre avions d'une nation viennent relever quatre avions de combat d'une autre nation qui repartent alors dans leur pays. A la demande de l'OTAN, les quatre F-16 belges sont restés sur place mais ont simplement changé de mission en intégrant l'eVA de l'OTAN.

Des avions de guerre électronique

Le C-160 Transall est désormais à la retraite au sein de l'Armée de l'Air et de l'Espace (AAE). Toutefois, 2 C-160 Gabriel sont encore en activité. Il s'agit d'une version de guerre électronique du transporteur tactique, dénommée C-160G Gabriel capable de récolter du renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) et d'origine image (ROIM). L'AAE déploie depuis la Roumanie au moins un C-160G car le 11 avril, il était possible de voir un de ces appareils en train de longer la frontière biélorusse.

L'AAE déploie aussi un avion léger de surveillance et de reconnaissance (ALSR) King Air 350. Il peut aussi collecter du ROEM et du ROIM. Sa petite taille n'équivaut en rien aux capacités du Transall mais la petite taille de l'ALSR joue aussi en sa faveur puisqu'il peut être déployé rapidement et sans un besoin logistique lourd en opérations extérieures.

Tracés de vol d'un Mirage 2000D, C-160G et ALSR de l'Armée de l'Air et de l'Espace (début avril 2022).
Tracés de vol d'un Mirage 2000D, C-160G et ALSR de l'Armée de l'Air et de l'Espace (début avril 2022). © Air&Cosmos
Tracés de vol d'un Mirage 2000D, C-160G et ALSR de l'Armée de l'Air et de l'Espace (début avril 2022).

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JP | 19/04/2022 14:19

On ne peut que féliciter l'armée de l'air du déploiement à l'est des moyens dont elle dispose et de la disponibilité admirable des personnels. Mais force est de constater que les avions engagés le sont à l'unité ou de l'ordre de quelques unités. Le constat est là, cruel, après des années de disettes budgétaires, de fermeture de base et de réduction du nombre d'aéronefs, la France ne peut plus jouer qu'un rôle d'appoint dans une coalition. Et la cession de 24 Rafale à la Grèce et à la Croatie va encore aggraver la pénurie en matière d'avions de combat.

Pierrototo | 19/04/2022 15:02

Pour info, les Rafale cédés à la Croatie et la Grèce l'ont été avec la condition qu'ils seraient remplacé au sein de l'AAE par des Rafale neufs avec le standard F4... Donc on n'est pas forcément perdants dans l'histoire

JP | 19/04/2022 15:51

@Pierrototo. Il faut environ 36 mois pour fabriquer un Rafale après commande. Ceux qui devraient remplacer les avions cédés à la Croatie n'ont pas encore été commandés et si Mme Parly a indiqué qu'ils le seraient, elle n'a pas précisé quand. Le déficit en appareil de combat à l'instant présent, est bien réel..

| 21/04/2022 08:56

Il faut espérer que ds cette situation d’avant guerre, les 36 mois de construction de ce rafale soient divisés par 2. De plus cela ne sera pas "perdu" car la guerre pourrait durer, l’encerclement des troupes ukrainiennes est loin d’être une réalité. Donc l’état de guerre va perdurer. Si deuxième quinquennat de Macron, le déblocage des fonds à l’armée se fera tout azimut.

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