0
Défense
La Marine sud-coréenne va obtenir une capacité antibalistique
La Marine sud-coréenne va obtenir une capacité antibalistique
© Raytheon

| Gaétan Powis 493 mots

La Marine sud-coréenne va obtenir une capacité antibalistique

La Marine sud-coréenne dispose de plusieurs navires capables de détecter des missiles balistiques mais sans avoir la capacité de les intercepter. L'arrivée de trois nouveaux destroyers n'allait pas changer cette politique d'emploi des navires de combat... jusqu'à la récente annonce du Ministère de la Défense sud-coréen.

Le trio KDX III, Aegis et SM-6

En 2024, la Marine sud-coréenne (ROKN) recevra le premier de ses trois destroyers de la classe Sejong le Grand améliorés (KDX-III lot 2). Ils sont en train d'être construits par Hyundai Heavy Industries (HHI), via un contrat de 3,3 milliards de dollars. Ces navires mesureront 170 mètres de long, 21 mètres de large pour un tonnage de 8.100 tonnes. 

Bien que polyvalents, ces bâtiments de combat seront principalement axés sur des missions anti-aériennes et anti-sous-marines. Comme les précédents destroyers KDX III lot 1, ils seront équipés du système de commandement et de contrôle Aegis et seront doté d'un radar AN/SPY-1D(V) de Lockheed Martin (à bande S et à ouverture à 360°).

Image de synthèse d'un destroyer KDX 3 lot 2 de la marine sud-coréenne.
Image de synthèse d'un destroyer KDX 3 lot 2 de la marine sud-coréenne. © HHI
Image de synthèse d'un destroyer KDX 3 lot 2 de la marine sud-coréenne.

Les premières informations indiquaient que les missiles mer-air transportés seraient des SM-3. Ces missiles sont avant tout axés sur la défense aérienne sans avoir une capacité anti-balistique. Toutefois, ce 26 avril, le Ministère de la Défense sud-coréen a officiellement annoncé sa volonté d'acheter des missiles SM-6 pour un total de 600 millions de dollars. Ce seront donc les premiers navires de combat sud-coréens à disposer des capacités de détections et de destruction de missiles balistiques.

Le missile RIM-174/SM-6

Ce missile est conçu par Raytheon et a été développé afin de doter les unités de surface de l'US Navy d'une capacité de défense arienne longue portée. La Marine américaine reçoit ses premiers exemplaires en 2013. Deux ans plus tard, le missile démontre sa capacité (secondaire) antibalistique ; le SM-6 peut intercepter un missile dans sa phase finale. Il a également démontré en 2016 qu'il pouvait être utilisé en tant que missile anti-navire. Cette dernière capacité n'est toutefois pas aussi efficace que d'autres missiles conçu et développé pour détruire des navires. Par exemple, comparé au Harpoon, l'ogive de celui-ci pèse 200 kg alors que celle du SM-6 en fait tout juste 64. Cela implique donc qu'il ne coulerait pas un navire de combat standard mais qu'il l'endommagerait suffisamment pour le mettre, au moins temporairement, hors de combat. Il s'agirait donc d'un missile centré sur des missions anti-aériennes ou anti-missiles.

Ce missile combine reprend la cellule du missile SM-2, le système de propulsion solide et les moteurs à double poussée du missile SM-3 et le capteur ainsi que le cône du missile Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile (AMRAAM). Il s'agit d'un missile actif, ce qui en fait un outil de premier ordre pour un navire effectuant des engagements simultanés. Par ailleurs, il ne dépend pas des capteurs du navire lanceur pour engager une cible au-delà de l'horizon. Il dispose aussi d'une Capacity Engagement Capability : elle lui permet d'utiliser les informations de capteurs alliés présents sur la zone (AWACS, E-2 Hawkeye, etc.) afin d'affiner sa trajectoire et/ou sa détection de la cible. 

Il n'existe actuellement pas d'information officielle sur sa portée effective mais des estimations annoncent une distance de plus de 400 km, soit une capacité de combat plus grande que la distance entre Paris et La Rochelle (Charente-Maritime).


Répondre à () :

| | Connexion | S'ABONNER | Publicité