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Défense
Défense anti-aérienne, pilotage, innovation, drones, missiles et recutement : visite de la Fabrique Defense
Défense anti-aérienne, pilotage, innovation, drones, missiles et recutement : visite de la Fabrique Defense

| Xavier Tytelman & Gaétan Powis 887 mots

Défense anti-aérienne, pilotage, innovation, drones, missiles et recutement : visite de la Fabrique Defense

La Fabrique de Défense était l'occasion de découvrir de nombreux concepts et matériels en développement ou en service au sein des Forces Armées. Petit tour d'horizon.

Les capacités de défense aérienne de l'Armée de l'Air et de l'Espace

L'Armée de l'Air et de l'Espace présentait la dernière version du Crotale, dont la première génération remonté à 1995. Le système fonctionne avec seulement un opérateurs de tir et un opérateur principal, ce dernier réalisant le suivi de la situation aérienne de la zone. Le Crotale dispose aussi de deux voies, une infrarouge et une caméra HD, permettant de confirmer, si nécessaire, la nature de la cible accrochée par le radar de tir. La portée du missile est de 11 km.

Non loin, un lanceur Mamba est également présenté. Son radar, normalement déployé dans un deuxième module, dispose d'une portée de 60 km. La plateforme visible comporte aussi une grande antenne dédiée à la transmission de données, et une seconde, plus petite, pour de la phonie. Le lanceur contient huit missiles Aster 30, d'une portée de 80 km. Ces missiles sont aussi présents au sein des navires de la Marine nationale, notamment sur les frégates Horizon.

Ces deux systèmes ont également une capacité contre les drones MALE, une menace nouvelle pour laquelle les systèmes anti-aériens n'ont pas été conçus, davantage focalisés sur les avion ou hélicoptère. Or, les drones ont largement changé la donne : en dehors de la menace qu'ils représentent, ils sont difficiles à détecter de par leur petite taille et leur "furtivité" permise par leur constitution en fibres de carbone difficilement détectable au radar. Alors que plusieurs systèmes de défense sol-air d'origine russe Pantsir S1 avaient été détruits par des drones, la mise à niveau permanente des Crotale et Mamba leur permet une grande efficacité contre cette nouvelle menace.

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Crotale modernisé et son véhicule. L'accès pour les deux opérateurs se fait par la gauche. On distingue l'un des capteurs optiques à côté du radar de tir rond. © Air&Cosmos
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Système antidrone Nerod F5 ©
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Lutte contre les drones 

Pour les plus petits drones souvent à disposition du grand public, les Forces armées françaises disposent du système Nerod F5 anti-drone (photo ci-dessus). Il permet de brouiller toute communication pour le drone ciblé à une portée supérieure à 1 km. En fonction de ses spécificités, le drone peut réagir de trois manières :

  • il s'arrête et tombe, 
  • il reste en vol stationnaire et est alors neutralisé par un autre élément, comme un fusil classique (résultat dans la photo ci-contre), 
  • il retourne automatiquement vers sa console de guidage, permettant de retrouver le porteur. 

Le système brouillant également les récepteurs GPS, il est également efficace contre les drones autonomes devant réaliser une mission préprogrammée.

Détail d'un drone détruit par arme à feu alors qu'il était brouillé par un Nerod F5.
Détail d'un drone détruit par arme à feu alors qu'il était brouillé par un Nerod F5. © Air&Cosmos
Détail d'un drone détruit par arme à feu alors qu'il était brouillé par un Nerod F5.

Du nouveau chez les drones en France

Le Centre d'Initiation et de Formation des Équipages de Drones (CIFED) expose une large panoplie de drones utilisés en France. En dehors du modèle réduit d'un drone MQ-9 lourdement armé et des consoles d'entrainement utilisées en formation et très proches de celles disponibles en opérations, l'occasion de vérifier l'incroyable efficacité des systèmes d'observation qui permettent de distinguer des visages à plus de 10km de distance.

Le CIFED exposait un Matrice 300, quadricoptère de grande taille spécialisé dans l'observation comprenant une caméra infrarouge, mais également une capacité de désignation des cibles. La configuration de ses quatre hélices (vers le bas plutôt que vers le haut) réduit également le bruit émis par le drone, le rendant moins détectable. Un drone léger à voilure fixe DISCO de Parrot est aussi présent, lui aussi spécialisé dans la reconnaissance à courte portée.

Stand du CIFED avec des consoles d'entrainement, le quadricoptère Matrice 300 et le DISCO à voilure fixe.
Stand du CIFED avec des consoles d'entrainement, le quadricoptère Matrice 300 et le DISCO à voilure fixe. © Air&Cosmos
Stand du CIFED avec des consoles d'entrainement, le quadricoptère Matrice 300 et le DISCO à voilure fixe.

Le HP30 est un drone quadricoptère développé par Diodon pour opérer spécifiquement en milieu maritime. Il est peut réaliser des missions de reconnaissance (détection, identification…) ou d'inspections sur les navires porteurs (par exemple pour leur maintenance). Il possède également une capacité de changement de milieu, en étant par exemple largué depuis un sous-marin avant de flotter jusqu'à la surface d'où il décollera.

Ce drone compact de moins de 2 kg dispose d’une autonomie de 30 minutes et ce, sur une distance de 4 km. Son étanchéité complète et sa bouée lui permettent de flotter sur l’eau tout en étant capable de redécoller après avoir amerri. 

Il est actuellement en essai au sein du Ministère des Armées.

Le successeur du Milan

MBDA présentait également le Missile de Moyenne Portée anti-char (MMP) dans sa version d'entrainement. Il est opérationnel au sein de l'Armée de terre française depuis 2017 et remplace petit à petit le missile Milan. Le système comprend un lanceur réutilisable et un missile, ce dernier ayant une portée de 5 km. 

Le missile permet de viser une cible désignée par un autre capteur sur le terrain, y compris sans que le tireur n'ait de visibilité sur la cible. Il peut par contre suivre l'évolution du missile après son tir, voire changer l'objectif jusqu'au dernier moment pendant toute la période de tir.

Le MMP sera également installé sur les nouveaux véhicule EBRC Jaguar, et une version allongée pourra être intégrée sur le Tigre modernisé Mark 3.

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Plateforme de tir MMP, et vision dans l'oeilleton dans lequel on voit le retour du missile vers le tireur. © Air&Cosmos
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La Fabrique de Défense (jusqu'au 30 janvier à la Grande Halle de la Vilette à Paris) présente également de nombreux stands dédiés au recrutement (industriels, GIFAS, forces armées...) et des systèmes de simulation (voir notre article centré sur ce bond technologique), de réalité augmentée et d'entraînement, comme le cockpit d'un Mirage F1 adapté qui trône au milieu du stand de l'Armée de l'Air et de l'Espace, le pilotage de drones terrestres pour la Sécurité Civile, un cockpit de Boeing 777 pour l'école d'ingénieur IPSA...

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De nombreux ateliers permettent de s'essayer au pilotage d'avions, de drones, de navires... ©
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La Fabrique de Défense.jpg © Ministère des Armées
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Répondre à () :

Petrau | 29/01/2022 17:16

Cet article est très intéressant. Je me suis arrêté sur le missile MMP et son intégration sur l'EBRC Jaguar et le Tigre. En faisant le constat qu'il existe des systèmes plus ou moins équivalents un peu partout dans le monde, sans même parler des canons qui tirent des obus guidés de grande précision, on peut vraiment s'interroger sur la pertinence de disposer de chars lourds et plus encore de développer le MGCS avec l'Allemagne (d'autant que ce dernier est enlisé dans une coopération où rien n'est clair). Il serait beaucoup plus bénéfique pour la sécurité de la France d' investir plus encore dans le cyberspace et les vecteurs hypersoniques.

Loufi | 31/01/2022 10:26

Les chars sont devenus des tombeaux roulants

Hannosset Étienne | 02/02/2022 19:45

@Loufti. L’avenir, c’est le cheval. Éventuellement le VAB.

Hannosset Étienne | 02/02/2022 19:38

Très bel article qui devrait faire réfléchir sur le matériel déployé aujourd'hui à la frontière de l’Ukraine. C’est clairement dans la cyberspace et les vecteurs hypersoniques qu’il faut investir.

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