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Défense
Crash d'un F-5 iranien : ultime exemple de la déliquescence de la force aérienne iranienne
Crash d'un F-5 iranien : ultime exemple de la déliquescence de la force aérienne iranienne
© Reuters

| Gaétan Powis 472 mots

Crash d'un F-5 iranien : ultime exemple de la déliquescence de la force aérienne iranienne

Un F-5 Tiger s'est écrasé dans le Nord-ouest de l'Iran, tuant les deux pilotes, ainsi qu'un civil. Il s'agit du dernier d'une longue série de crashs pour le pays, qui ne dispose que d'une flotte d'avion de combat datant, pour la plupart des appareils, de la fin des années 60.

Un vol d'entrainement qui se termine mal

Le chasseur biplace F-5F Tiger II de la Force aérienne iranienne qui s'est crashé à Tabriz, au Nord-ouest de l'Iran, effectuait une mission d'entrainement avec un pilote et un élève-pilote. Les causes du crash restent encore inconnue à l'heure actuelle. Les deux pilotes ne se sont pas éjectés et sont morts dans le crash. Une personne présente au sol a également péri lorsque l'appareil s'est crashé.

Une force aérienne en déliquescence

La Force aérienne de la République islamique d'Iran n'est plus que l'ombre d'elle même. Depuis la Révolution islamique de 1979 et les nombreuses restrictions et embargos internationaux, l'Iran n'a pu acheter que quelques appareils, le restant de la flotte devant être maintenu par l'industrie aéronautique locale, ou souvent en cannibalisant les autres appareils.

Ce fut le par exemple le cas des F-14 Tomcat : sur les 79 perçus entre 1976 et 1978, 41 étaient encore estimés en état de vols en janvier 2022. De nombreux appareils ont été démontés pour en récupérer les pièces détachées, les systèmes de combat ont été remplacés par des équipements plus modernes confectionnés localement en copiant des systèmes étrangers, tentant ainsi de les mettre à jour.

Le missile air-air AIM-54 Phénix a ainsi été copié pour créer le missile Fakour, mais la qualité de ce dernier et ses caractéristiques semblent bien plus limitées que celles de l'original. L'Iran a également modifié ses F-14 avec une possibilité d'emporter des bombes ou des missiles dont une bombe propulsée par un missile Hawk...

Missile air-sol Yasser iranien : combinaison du missile MIM-23 Hawk avec une bombe M-117.
Missile air-sol Yasser iranien : combinaison du missile MIM-23 Hawk avec une bombe M-117. © Air&Cosmos
Missile air-sol Yasser iranien : combinaison du missile MIM-23 Hawk avec une bombe M-117.

Ces diverses modifications permettent à l'Iran d'afficher une force aérienne, mais ne permet pas de maintenir le niveau d'efficacité qu'elle possédait avant la Révolution. L'industrie locale ne dispose pas des technologies modernes ou de l'expérience nécessaire, les pièces de rechange sont quasi inexistantes ou récupérées en seconde main sur le marché noir... la structure même de certains appareils n'a été que très peu modernisée, alors qu'un énorme chantier devrait être nécessaire pour des appareils qui commencent à devenir très vieux, comme les F-5 Tiger II reçus entre 1965 et 1972.

L'Armée de l'air iranienne compte aussi quelques appareils irakiens ayant fait défection lors des deux guerres du Golfe (environ une centaine d'avions, comprenant notamment des Mirage F1, des MiG-29 et des Su-24) mais leur état serait comparable à celui des appareils iraniens, l'Irak ayant également subit un embargo sur les armes.

Dans ces conditions et malgré les tentatives de faire briller la force aérienne, le taux de disponibilité est probablement très faible, au point de voir des défaillances provoquer des accidents... A défaut de pouvoir assurer ses missions, Le pays a donc majoritairement investi le domaine des drones longue portée et des missiles balistiques, seules technologies accessibles capable de donner une illusion d'équilibre à l'Iran face à tous ses voisins, systématiquement équipés d'une flotte importante d'avions modernes d'origine occidentale.

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Avions de combat iraniens officiellement en service en janvier 2022. © Air&Cosmos
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Répondre à () :

Elyo | 25/02/2022 22:19

Cet article est à rapproché de ceux concernant l’avion de 5e génération Qaher 313 iranien édités en 2018 et qui prétendaient que cet aéronef était la preuve évidente du savoir-faire iranien dans ce domaine hypersophistiqué de l’aéronautique. Sauf que ce pays n’est même pas capable de renouveler et d’entretenir sa flotte des années 60. Iran, Chine et Corée du Nord experts en enfumages de toutes sortes destinés aux admirateurs béats des régimes tyranniques mondiaux. Excusez moi j’avais oublié la Russie.

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