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Comment fonctionne une compagnie aérienne
Comment fonctionne une compagnie aérienne

| Lucas Charoff 684 mots

Comment fonctionne une compagnie aérienne

Si vous avez déjà pris l’avion, vous avez sans doute déjà remarqué que vous aviez parfois droit à un café offert à bord et d’autres fois non. Ou encore que l’espace disponible pour vos jambes entre votre rangée et celle devant vous différait selon la compagnie que vous empruntiez. Tous ces détails qui rendent votre voyage plus agréable sont des services qui se répercutent directement dans le prix de votre billet et dépendent du modèle économique adopté par la compagnie aérienne que vous empruntez. Nous allons vous expliquer dans cet article, comment fonctionne une compagnie aérienne selon le modèle économique emprunté.

Le modèle traditionnel de l’aviation civile

Le modèle économique le plus répandu, jusqu’aux années 2000, reposait essentiellement sur un modèle appelé “full-service” par les compagnies. En clair, il s’agit d’inclure dans le prix du billet d’avion tous les services disponibles avant l’embarquement (bagages en soute), pendant le vol (service à bord) et à l’arrivée du passager (passerelle directement reliée au terminal). Les prix des billets ainsi indiqués varient selon les classes choisies par les passagers et les différents services compris dans celles-ci.

Ces compagnies misent généralement sur la qualité de leurs services et proposent à leurs passagers des programmes de fidélité se matérialisant sous la forme de “miles”. Selon les distances annuelles parcourues par les passagers, ceux-ci bénéficient de réduction sur les futurs trajets ou de propositions commerciales sur certains vols.

La plupart des compagnies utilisant ce modèle s’appuient sur des “hubs”, où l’ensemble de leurs opérations sont regroupés. Par exemple, Air France s’appuie sur la plateforme aéroportuaire de Paris CDG pour relier ses passagers français au reste du monde. Ainsi, un passager en provenance de Biarritz souhaitant se rendre à Tokyo devra faire escale à Paris pour emprunter un vol long-courrier opéré par Air France. Cette synergie compagnie/aéroport se retrouve à Londres Heathrow, Francfort ou encore à Atlanta qui drainent en moyenne 80 millions de passagers/an, contre 10 millions pour des plateformes régionales comme Toulouse ou Lyon.

La plupart des coûts supportés par ces compagnies reposent sur les redevances aéroportuaires versées aux aéroports desservis, au carburant et à la masse salariale, formée et qualifiée par la compagnie.

Le modèle low-cost

Apparu dans les années 80 aux États-Unis avec la compagnie Southwest Airlines, le modèle low-cost s’est peu à peu développé partout dans le monde au point qu’en 2018, ils représentaient 35 % du trafic mondial.

La compagnie irlandaise Ryanair est la première compagnie aérienne en Europe en 2021. Sa stratégie à bas coût a transporté plus de 142 millions de passagers en 2019 avec un recul notable en 2020 en raison de la crise de la COVID-19 en transportant 100 millions de passagers au total. Nous allons vous expliquer les raisons du succès des compagnies low-cost.

Tout d’abord, la desserte d’aéroports régionaux. Le point à point est en effet l’un des leviers principaux de la stratégie des compagnies low-cost. Les redevances aéroportuaires à verser à ces aéroports sont souvent dérisoires comparées à celles des plateformes internationales.

Deuxièmement, les services complémentaires. Ils correspondent à environ 33 % des dépenses des passagers qui utilisent ces compagnies. Autrement dit, si vous achetez votre billet 30 €, vous dépenserez en moyenne 15 € dans les services à bord, les frais supplémentaires pour embarquer un bagage ou le choix de votre siège par exemple. Ce modèle permet donc aux compagnies low-cost de proposer des tarifs attractifs tout en étant sûr de rentabiliser leurs coûts opérationnels.

L’harmonisation de leurs flottes d’appareils par exemple, permet de réduire les coûts de maintenance, de formation des pilotes et d’optimiser les coûts d’achats des appareils en réalisant des économies d’échelles.
L’harmonisation de la cabine avec des sièges économiques est également un levier pour ne proposer qu’un seul type de service à bord et donc de gagner du temps. Ces sièges prenant moins de place que des sièges de classe Affaire, les low-costs peuvent donc proposer plus de sièges à bord de leurs appareils et d’optimiser leur rentabilité sur un trajet.

Le modèle charter

Une compagnie est dite “charter” lorsqu’elle n’offre pas de vols réguliers entre deux destinations. Elle opère généralement pour le compte de tour-opérateurs ou d’agences de voyages qui lui demande d’acheminer leurs clients d’un point à un autre. Ces compagnies opèrent généralement à partir de villes ne disposant pas de plateforme aéroportuaire importante, vers les destinations balnéaires comme pour la ligne Strasbourg-Marrakech.

Les compagnies régulières font également appel à ces sociétés pour couvrir une ligne qui leur est impossible d’assurer. La compagnie charter Hi Fly, a par exemple loué son A380 pendant la crise du coronavirus à certaines compagnies pour que celles-ci soient en mesure de rapatrier leurs clients.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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