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Défense
4 juillet 1986 : le Rafale décolle pour la toute première fois
4 juillet 1986 : le Rafale décolle pour la toute première fois

| Gaétan Powis 957 mots

4 juillet 1986 : le Rafale décolle pour la toute première fois

Alors que les Américains et les Soviétiques dévoilent de nouveaux avions de combat, un vent de renouveau souffle sur le continent européen. Dassault développe pour les besoins de l'Armée de l'Air et de la Marine Nationale un démonstrateur, baptisé Rafale A. Celui-ci effectue son premier vol le 4 juillet 1986 depuis la base aérienne d'Istres, avec Guy Mitaux-Maurouard aux commandes.

Un projet ambitieux

Au milieu de la guerre froide, les Américains sortent leur tout nouveau chasseur F-15 Eagle (premier vol le 27 juillet 1972) et la réponse soviétique, le MiG-29 (premier vol le 6 octobre 1977). Il est alors clair pour les Européens qu'il faut renouveler la flotte d'avions de combat et ce, pour l'horizon des années 2000. Plusieurs avions sont alors en cours de développement à cette époque mais les besoins français sont beaucoup trop spécifiques aux besoins d'autres pays européens. Ainsi, alors que les Anglais, Allemands, Italiens et Espagnols se regroupent pour développer un avion de supériorité aérienne avec une capacité de bombardement, les Français cherchent un avion capable de remplacer 7 types d'avions de combat :

  • Jaguar (missions d'attaque air-sol et de reconnaissance)
  • Super Étendard (mission d'attaque au sol au sein de l'Aéronautique navale)
  • F-8E(FN) Crusader (mission de supériorité aérienne de l'Aéronautique navale)
  • Mirage F1 (multirôle, de reconnaissance et de bombardement)
  • Mirage 2000 D/N (mission d'attaque de précision/de bombardement nucléaire)
  • Mirage 2000 C (mission de sureté de l'espace aérien et de défense aérienne)
  • Mirage IV (mission de reconnaissance, de bombardement nucléaire)

Il n'empêche, un projet incluant la France est tout de même en discussion. Toutefois, Dassault continue le développement de son démonstrateur d'avion européen sans qu'aucun accord ne soit encore signé. Le couperet tombe en août 1985, lorsque la France se retire de l'Experimental Aircraft Programme (EAP) et se concentre sur l'ACX de Dassault. Le 14 décembre de cette même année - et avec 6 mois d'avance sur l'EAP - le démonstrateur du futur avion de chasse français, baptisé Rafale (F-ZJRE), est présenté au grand public, ainsi qu'au père de la société aéronautique Dassault, Marcel Dassault. 

Le Rafale A vole...

Un premier vol

Le 4 juillet 1986, c'est l'effervescence sur la base aérienne 125 d'Istres (Bouches-du-Rhône) : le Rafale s'aligne sur la piste et décolle pour la toute première fois (vidéo ci-dessous). Le pilote effectue les premiers essais et passe - sans post-combustion - le mur du son pour atteindre Mach 1,32 et effectuera aussi un virage à 5g. Il faut noter que l'avion est équipé à l'époque de deux moteurs américains F404-GE-400. 

Cependant, une tradition de chez Dassault ne sera pas respectée pour la toute première fois et ce, depuis le vol d'essai du MD 315 Flamant ; la traditionnelle question de Marcel Dassault sur le comportement de l'appareil au pilote d'essai lors de sa descente d'avion. En effet, Marcel Dassault s'est éteint le 17 avril 1986.

Une première démonstration réussie

Le 2 septembre 1986, vers 14h40, le concurrent direct du Rafale , l'European Aircraft Project (EAP) s'élance dans les airs. La démonstration est timide : le pilote a comme instruction de ne pas poussez l'appareil il ne vole que depuis le 8 août et n'a qu'une quinzaine de vols au compteur. A l'inverse, le Rafale s'élance à 15h40 et effectue une démonstration impressionnante, avec un décollage en chandelle et un atterrissage court et à très basse vitesse.

Une retraite bien méritée

En 1989, le Rafale effectue des approches et simulations d'appontage en vue de la version Marine du Rafale. Le 12 juillet 1989, la première phase d'essai se termine avec 431 heures de vol. La second phase ne débute qu'à partir du 27 février 1990 car l'avion est retourné à l'usine pour recevoir un moteur SNECMA M88-2 (moteur gauche) mais garde un F404-GE-400 américain à droite. Les essais sont concluants et le 24 janvier 1994, le démonstrateur Rafale A effectue son 867ème et dernier vol en compagnie de quatre prototypes opérationnels. Comme le montre le tweet ci-joint, le Rafale A est visible sur le tarmac du Musée de l'Air et de l'Espace.

... avec un pilote déjà connu

Le pilote chargé de faire décoller pour la toute première fois le Rafale s'appelle Guy Mitaux-Maurouard. A l'époque, il est chef pilote d'essai de Dassault et a déjà volé sur les prototypes de Mirage Milan, Mirage F1, Mirage 2000, Mirage 4000 et Mirage G8. Il sera connu mondialement pour ses présentations du Rafale mais il est déjà connu par les lecteurs et passionnés d'aviations depuis les années 1960. En effet, à cette époque, le journal Pilote cherche à concurrencer les bandes dessinées Buck Danny (Le Journal de Spirou) et Dan Cooper (Le Journal Tintin). Le défi revient à Jean-Michel Charlier, en tant que scénariste et Albert Uderzo, en tant que dessinateur. Ce dernier cherche alors un modèle pour l'un de ses personnages. C'est lors d'une visite sur la base aérienne 110 de Creil (Oise) qu'il tombe sur un jeune lieutenant, pilote au sein de la SPA 93 : Guy Mitaux-Maurouard. Il devient ainsi le modèle du personnage de Michel Tanguy, visible dans plus d'une trentaine de bande dessinées, toujours produites à l'heure où ces lignes sont écrites.

Guy Mitaux-Maurouard s'occupera également d'avions civils et notamment du Falcon 900EX, sur lequel il détient quatre records du monde de vitesse sur trajet :

  • 3 février 1996 : Paris (France) - Abu Dhabi (Émirats arabes unis), avec une vitesse maximale de 953,57 km/h. Il est co-recordman sur ce vol avec Olivier Dassault et Partick Experton.
  • 4 février 1996 : Paris (France) - Singapour (Singapour), avec une vitesse maximale de 844,08 km/h. Il est co-recordman sur ce vol avec Olivier Dassault et Partick Experton.
  • 16 novembre 1996 : Sydney (Australie)-Maui/Kahului (Hawaï, États-Unis), avec une vitesse maximale de 836,15 km/h.
  • 22 novembre 1996 : Orlando (Floride, États-Unis) - Paris (France), avec une vitesse maximale de 925,60 km/h.

Répondre à () :

Flo | 05/07/2022 19:18

Je me souviens quand il était exposé le long de l'usine de Saint Cloud !

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