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Défense
La Chine teste un moteur hypersonique capable d'atteindre Mach 9
La Chine teste un moteur hypersonique capable d'atteindre Mach 9
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| Antoine Gardelle 427 mots

La Chine teste un moteur hypersonique capable d'atteindre Mach 9

La Chine teste un moteur hypersonique fonctionnant au kérosène RP-3, capable de Mach 9. Ce moteur, qui n'en est encore qu'à ses balbutiements, a fait l'objet d'essais cette année dans une soufflerie hypersonique.

La Chine affirme avoir testé avec réussite moteur à détonation hypersonique

Des scientifiques chinois affirment avoir testé avec réussite un moteur à détonation hypersonique capable d'atteindre Mach 9, alimenté non par de l'hydrogène mais par du kérosène, soit le même carburéacteur employé dans le transport aérien ainsi que les forces armées. Sous l'égide du chercheur Liu Yunfeng, l'essai aurait été effectué plus tôt dans la soufflerie hypersonique JF-12, où peuvent être reproduites les conditions des vols hypersoniques. Ces résultats ont été publiés dans le Journal of Experiments in Fluid Mechanics chinois (Journal des essais de mécanique des fluides).

Carburéacteur RP-3, l'équivalent du Jet A-1

A la différence des statoréacteurs et superstatoréacteurs, le moteur à détonation hypersonique génère sa poussée par la détonation créée laquelle entraîne à son tour une série d'explosions qui libèrent une poussée bien supérieure à celle d'une combustion classique, notamment et surtout à des vitesses hypersoniques au voisinage de Mach 8. Ce moteur utilise pour son fonctionnement du carburéacteur RP-3, soit l'équivalent chinois du Jet A-1 occidental. 

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La soufflerie hypersonique JF-12. ©
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« Le kérosène est le carburant des moteurs aérobie classiques, tels les turboréacteurs et autres turbomoteurs », commente Liu Yunfeng. « Il n'est pas facile à maîtriser dans le domaine hypersonique », poursuit-il, raison pour laquelle il a longtemps été écarté pour le réacteur à détonation.

La solution aurait été trouvé par Liu Yunfeng et une équipe de scientifiques

Comme l'explique le site Interesting Engineering, le problème était lié à la capacité de faire exploser le kérosène dans les conditions hypersoniques, avec un air à la fois très chaud et très mobile. De plus, la chambre de détonation aurait nécessité une taille dix fois supérieure à celle destinée à l'hydrogène, un problème à l'évidence épineux pour un engin volant. Liu Yunfeng et les scientifiques de son équipe semblent avoir trouvé une solution simple à mettre en place : une simple aspérité physique de quelques centimètres placée dans la chambre de combustion, augmentant dramatiquement la capacité du kérosène à détonner, même dans des conditions supersoniques.

Un moteur encore à l'état de prototype

Ce type de réacteur serait utilisé dans l'avenir grâce à l'utilisation de ce carburant peu chère simple à manipuler et déjà omniprésent, pourrait servir à équiper non seulement des engins militaires, mais aussi des aéronefs du secteur civil. Il serait alors possible de faire voler des vitesses hypersoniques des aéronefs dédiés au fret ou au transport de passagers. Mais Liu Yunfeng l'admet lui-même, malgré son importance, cette technologie est encore loin d'être mûre et d'un coût suffisamment accessible pour la décliner sous forme d'une application commerciale.


Répondre à () :

Elyo | 27/11/2022 16:23

A l’heure actuelle la Chine ne dispose pas de la capacité technologique pour produire les réacteurs du C919. En particulier elle ne maîtrise pas la fabrication de la "partie chaude" du réacteur. Comment peut elle donc envisager de réussir le saut technologique lui permettant de mettre au point un propulseur capable d’atteindre Mach 9? N’est ce pas plutôt une annonce destinée aux admirateurs béats du PCC ?

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