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Industrie
Euronaval 2022 : la suite antidrone de Thales et les futurs drones de guerre des mines de la Marine nationale
Euronaval 2022 : la suite antidrone de Thales et les futurs drones de guerre des mines de la Marine nationale
© Thales

| Gaétan Powis 894 mots

Euronaval 2022 : la suite antidrone de Thales et les futurs drones de guerre des mines de la Marine nationale

Les drones représentent un danger pour les navires de combats : ils sont petits, aériens ou maritimes, peuvent arriver en essaim,... Thales propose alors une suite antidrone pour les navires de faibles tonnages, avec une capacité de protection variée. Les drones sont également un outil pour les marines, tout particulièrement dans le cadre de la guerre des mines. Le salon international Euronaval fut l'occasion d'apercevoir les futurs moyens de la Marine nationale développés par Thales dans ce domaine.

Les drones en tant que menaces

Sur les 10 dernières années, les drones ont commencé à prendre une place de plus en plus importante sur le champ de bataille. La guerre en Ukraine montre d'ailleurs que leur utilisation est totale : renseignement, bombardement, munitions rôdeuses, etc. Cette menace n'est pas seulement terrestre, elle est aussi maritime. Cependant, certains drones sont très difficiles à détecter (matériaux en composites ou en plastique, petite taille,...). Dès lors, Thales propose une solution antidrones pour les navires de guerre de faible tonnage, tels que les patrouilleurs (OPV) et corvettes. Elle comprend :

  • le radar à antenne active NS50 à bande X assurant un afflux d'informations 4D de haute précision permettant une acquisition rapide des cibles. Il offre ainsi des capacités de tir de conduite permettant au navire de disposer d'une solution d'auto-défense complète contre les menaces aériennes et de surface : systèmes de missiles surface-air en Fire and Forget ou encore l’artillerie légère et moyenne embarquée pour des cibles de surface ou aériennes. Sa portée est de 180 kilomètres pour les cibles aériennes et 80 kilomètres pour les cibles de surface.
  • le système de guerre électronique navale ALTESSE-H, analysant les communications (CESM/COMINT) avec une toute nouvelle antenne compacte. A terme, ce système permettra aussi de géolocaliser les antennes utilisées par les pilotes hostiles pour commander les drones.
  • la système RAPIDFire, développé avec Nexter. Il comprend un canon à tir rapide de 40 mm placé dans une tourelle. Il peut tirer cinq types de munitions différentes et a une portée de 4 kilomètres contre des cibles aériennes ou de surface. Son viseur électro-optique, situé au dessus de la tourelle peut tourner indépendamment de celle-ci.
  • le missile LMM (Lightweight Multirole Missile). C'est un missile multirôle capable de détruire des cibles terrestres, aériennes ou maritimes (ogive différente en fonction de la cible), avec une portée de 6 km, une vitesse maximale de 1,5 Mach. Il permet de compléter le système RAPIDFire mais aussi d'obtenir une solution d'appui pour des troupes débarquées.
Missile LMM courte portée LMM de Thales.
Missile LMM courte portée LMM de Thales. © Gaétan Powis
Missile LMM courte portée LMM de Thales.

Les drones en tant qu'outil

Le déminage maritime reste une opération complexe ; types de mines différentes, partiellement ou totalement immergées, dérivantes ou non etc. De fait, les navires et plongeurs spécialisés dans la guerre des mines marines effectuent des missions risquées mais très importantes : en plus de déminer les mines historiques (Première et Deuxième Guerre mondiale), les navires de guerre des mines permettent de sécuriser le passage entre les ports et le grand large d'unités stratégiques comme par exemple le porte-avions Charles de Gaulle mais aussi les différents sous-marins nucléaires lanceurs d'engins.

Afin de réduire les risques mais aussi d'augmenter l'efficacité du déminage maritime, Thales propose une solution se basant sur des drones, pendant que le chasseur de mines (devenu un navire-base) se trouve à une distance de sécurité. Dans cette optique et pour répondre aux demandes de la Marine nationale et de la Royal Navy (programme MMCM), Thales propose alors un système de systèmes :

  • USV (navire autonome) : le drone "porteur" est pour l'instant piloté (la réglementation maritime n'est pas encore suffisamment fournie sur ce sujet) mais sera à terme entièrement autonome. Avec ses 12 mètres de long, il est chargé d'amener et de recueillir les différents drones sous-marins afin de laisser le chasseur de mine à une distance de sécurité. Pour se déplacer en toute autonomie, il dispose d'un sonar placé dans un mat sous-marin et d'un système électro-optique.
  • AUV (drone sous-marin autonome) : le drone sous-marin équipé du sonar SAMDIS NG de Thales permet de scanner une zone rapidement et en toute sécurité. Il permet de détecter mais aussi de classifier les différents objets hostiles découverts grâce à une analyse 3D très précise.
  • Sonar remorqué : le T-SAM (Towed synthetic aperture multi-aspects sonar) est un sonar remorqué à ouverture synthétique développé par Thales. Lors des opérations, ce dernier est tracté par l'USV.
  • ROV (drone sous-marin): le MuMNS de Saab est un drone sous-marin piloté depuis le centre de contrôle. Il doit permettre la neutralisation des mines en déposant à côté de celle-ci l'une de ses trois charges. En cas de déminages multiples, le ROV peut être rechargé en pleine mer et les multiples charges peuvent être mises à feu simultanément.
  • le logiciel Mi-Map : il intègre une intelligence artificielle permettant d'identifier et de classifier la menace plus rapidement.
  • un centre de contrôle : il peut être intégré dans un navire de guerre des mines ou dans un conteneur de 20 pieds, standardisé aux normes OTAN et peut-être transporté par avion de transport tactique A400M ou stratégique C-17. Pour la gestion des systèmes, seuls trois personnes sont nécessaires, avec un opérateur plan, un opérateur opérations et un opérateur analyste.

La Marine nationale, dans le cadre du Système de Lutte Anti-Mines navales Futur (SLAM-F), est en train de moderniser totalement sa capacité de guerre des mines. D'ailleurs, grâce à l'annonce effectuée durant le salon Euronaval, les drones et sonar tracté seront intégrés sur un navire-base dont la structure se basera sur le navire de guerre des mines belgo-néerlandais de la classe City.

Il faut noter que l'AUV A27 d'ECA Group a été sélectionné pour la phase 1 du programme MMCM (fourniture des prototypes) mais pas encore pour la phase 2.

Je tenais à remercier le personnel de Thales présent lors du salon Euronaval 2022 pour toutes les informations reçues en vue de la rédaction de cet article.

L'USV Pathmaster (avec le sonar sur mat sous-marin déployé) et les Launch And Recovery System des sonar tracté T-SAM (à gauche) et ROV MuMNS (à droite).
L'USV (avec le sonar sur mat sous-marin déployé) et les systèmes de mise à l’eau et de récupération des sonar tracté T-SAM (à gauche) et ROV MuMNS (à droite). © Gaétan Powis
L'USV Pathmaster (avec le sonar sur mat sous-marin déployé) et les Launch And Recovery System des sonar tracté T-SAM (à gauche) et ROV MuMNS (à droite).

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